Transports

La course aux méga-aéroports bat son plein

L’aéroport d’Heathrow à l’ouest de Londres a publié mardi les plans de sa future expansion pendant qu’Istanbul, Doha ou encore Dubaï peuvent se targuer de figurer au classement des villes disposant des meilleurs aéroports du monde. La course au gigantisme se poursuit pour attirer plus de trafic

Des designs de plus en plus innovants, des installations dernier cri, des terminaux surdimensionnés. En dépit de l’urgence climatique, les aéroports du monde entier cherchent toujours à attirer les compagnies aériennes ainsi qu’un nombre croissant de passagers qui choisissent par où transiter lors de leurs voyages. Volonté économique ou purement politique, tour d’horizon des projets colossaux et parfois (trop) ambitieux de ces dernières années.

Les projets qui ont décollé

Le 29 octobre dernier, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, inaugurait le nouvel aéroport d’Istanbul destiné, selon lui, à devenir «le plus grand du monde». Construite par un consortium d’entreprises turques, l’infrastructure flambant neuve a atteint un coût de 10,247 milliards de dollars. L’édifice présente un visage futuriste avec de nombreuses ouvertures vitrées, des lignes courbes et des équipements dernier cri. Avec une capacité initiale de 90 millions de passagers par an, le nouvel aéroport pourrait intégrer le top 5 au niveau mondial. Ce projet s’inscrit dans la volonté du président turc de faire de l’ex-capitale de l’Empire ottoman un carrefour mondial entre trois continents, l’Europe, l’Asie et l’Afrique.

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Les villes de Doha et de Dubaï peuvent elles aussi s’enorgueillir de leurs aéroports dont les expansions aux coûts faramineux (15,5 milliards pour celui de Doha et plus de 32 milliards pour celui de Dubaï) avaient été entamées il y a plus de cinq ans. Ainsi, un classement élaboré par la compagnie Skyrax hisse le Hamad International Airport de Doha à la quatrième place des dix meilleurs aéroports du monde, notamment pour son impressionnante et luxueuse architecture. L’aéroport de Dubaï, quant à lui, a conservé en 2018, et pour la cinquième année consécutive, sa première place mondiale pour les passagers internationaux. Cette plaque tournante du trafic aérien a été utilisée l’année dernière par 89,15 millions de passagers.

Les projets aux multiples turbulences

Estimé à 14 milliards de livres, l’aéroport d’Heathrow, premier hub européen, dévoilait ce mardi les plans de sa future expansion. Amélioration des conditions d’accueil des passagers dans ses terminaux et ses parkings, création d’une troisième piste afin de désengorger le trafic aérien devraient voir le jour d’ici à 2026. De nouveaux hôtels et immeubles de bureaux pourraient aussi être édifiés. Prévue jusqu’en 2050, cette seconde phase porterait la facture totale du plan à environ 30 milliards de livres, d’après la BBC.

Le projet coûteux se heurte toutefois aux résistances de l’ONG Greenpeace, des défenseurs de l’environnement, ainsi qu’à celles de plusieurs responsables politiques, dont Sadiq Khan, le maire de Londres. Ils avaient en ce sens déposé au mois de mars dernier un recours devant la Haute Cour de justice du Royaume-Uni mettant en avant les nuisances sonores, entre autres. La requête a été rejetée.

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Au Mexique, la construction du futur aéroport de la capitale subit, elle aussi, quelques perturbations. L’ancien chef du gouvernement Enrique Peña Nieto lançait en 2012 le projet de Texcoco, un méga aéroport capable de rivaliser avec ceux de Panama City et de Miami comme hub régional. Coût total du projet: 13 milliards de dollars, jugé bien trop onéreux par son successeur Lopez Obrador, qui en fera l’un des éléments principaux de sa campagne puis lancera une consultation publique sur la question peu de temps après son élection qui aboutira à l’abandon du projet Texcoco mais au lancement de l’élaboration d’un nouvel édifice, celui promis par Lopez Obrador.

La justice mexicaine a pourtant ordonné ce mardi la suspension des travaux d’aménagement de l’aéroport. Pour poursuivre les travaux, le gouvernement devra désormais démontrer qu’il dispose des avis et documents nécessaires en termes de sécurité et de viabilité aéronautiques, ainsi que dans le domaine environnemental et archéologique.

Les projets qui ont viré sur l’aile

L’aéroport Notre-Dame-des-Landes près de Nantes est certainement le projet qui aura suscité la plus grande polémique, à tel point que les autorités publiques françaises finiront par battre en retraite, abandonnant définitivement les esquisses. Lancée en 1963, puis abandonnée en 2018, la construction de l’aéroport du Grand Ouest devait remédier à la saturation du trafic de l’aéroport international de Nantes-Atlantique. Le coût du projet s’élevait à plus de 550 000 millions d’euros en 2010. En janvier 2018, après la décision du gouvernement d’Edouard Philippe de renoncer au projet, l’alternative qui avait été retenue était celle de l’aménagement de l’actuel aéroport Nantes-Atlantique grâce à une modernisation et au lancement de la procédure pour en rallonger la piste. La concertation publique sur ce projet de réaménagement s’est ouverte le 27 mai dernier et se tiendra jusqu’au 31 juillet.

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