«Aujourd’hui, la chambre préliminaire 1 (...) a émis un mandat d’arrêt contre le président du Soudan Omar el-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité», a déclaré la porte-parole de la CPI, lors d’une conférence de presse dans les locaux de la cour à La Haye. «Ceci est le premier mandat d’arrêt émis par la CPI pour un chef d’Etat en exercice», a-t-elle ajouté.

Le procureur de la CPI avait accusé Omar el-Béchir de génocide, mais, selon la porte-parole, «les éléments présentés par l’accusation (...) ne fournissaient pas de motifs raisonnables de croire que le gouvernement soudanais a agi dans l’intention spécifique de détruire, en tout ou partie, les groupes (ethniques) four, zaghawa et massalit».

«Par conséquent, le crime de génocide ne figure pas dans le mandat d’arrêt à l’encontre d’Omar el-Béchir», a-t-elle ajouté.

Une demande de coopération pour l’arrestation et le transfert d’Omar el-Béchir à la CPI va être transmise «immédiatement» au Soudan, aux Etats parties de la CPI et aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, a ajouté la greffière de la CPI. «La responsabilité de l’arrêter et le transférer incombe aux Etats», a-t-elle souligné. La CPI ne dispose pas de force de police propre pour arrêter des suspects.

Omar el-Béchir, 65 ans, est accusé pour des crimes commis au Darfour, une région de l’ouest du Soudan déchirée depuis 2003 par une guerre civile qui a fait 300’000 morts et 2,7 millions de déplacés selon l’ONU. Khartoum parle de 10’000 morts.

Le procureur de la CPI, seul tribunal permanent compétent pour juger des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, enquête depuis 2005 sur le Darfour en vertu d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

A Khartoum, plus d’un millier de Soudanais se sont rassemblés mercredi après-midi pour manifester leur appui au président Omar el-Béchir.