Le crash intentionnel confirmé

Allemagne La seconde boîte noire de l’Airbus A320 a été retrouvée

L’hypothèse de la préméditation du copilote dans le crash de l’A320 de Germanwings dans les Alpes françaises le 24 mars ne fait plus guère de doute. La seconde boîte noire de l’appareil a été retrouvée jeudi par une femme gendarme, enfouie dans la terre sous des débris de l’appareil, à un endroit que les secouristes avaient déjà fouillé à plusieurs reprises. Noircie, elle a visiblement été en partie brûlée, mais son exploitation est tout de même possible.

Cette seconde boîte noire, le FDR (Flight Date Recorder), essentielle à l’enquête, fait apparaître que «le copilote présent dans le cockpit a utilisé le pilote automatique pour engager l’avion en descente vers une altitude de 100 pieds (environ 30 mètres)», a annoncé vendredi le Bureau français d’enquête et d’analyse (BEA), chargé du décodage de l’engin. «A plusieurs reprises au cours de la descente, le copilote a modifié le réglage du pilote automatique pour augmenter la vitesse de l’avion en descente.» Ces éléments viennent renforcer la thèse privilégiée dès le début de l’enquête d’une intention du copilote de précipiter l’avion et les 150 personnes à son bord contre la paroi rocheuse.

Recherches sur le suicide

Jeudi, le procureur de Düsseldorf avait révélé que le copilote de 27 ans, Andreas Lubitz, avait effectué à plusieurs reprises des recherches sur Internet sur le suicide à partir d’une tablette retrouvée à son domicile. De plus, «à une reprise au moins et pendant plusieurs minutes», il s’est également informé sur le système de blindage des portes de cockpit. Les recherches internet ont été effectuées entre le 19 et le 23 mars, veille de la catastrophe. «Le browser n’avait pas été effacé. Nous n’avons pas de doute que c’est bien Lubitz qui a effectué ces recherches: le nom de l’utilisateur, la correspondance personnelle et les recherches lancées permettent de conclure que c’est le copilote qui a utilisé l’appareil aux heures qui nous intéressent», poursuit la justice allemande.

Le copilote souffrait vraisemblablement de problèmes psychiques. Les enquêteurs de la commission «Alpes» de Düsseldorf, chargés de l’enquête côté allemand, ont procédé à des perquisitions dans cinq cabinets médicaux fréquentés par Andreas Lubitz et confisqué ses dossiers médicaux. Au lendemain de la catastrophe, Lufthansa, la maison mère de Germanwings, avait révélé qu’Andreas Lubitz avait interrompu pendant plusieurs mois sa formation de pilote en 2009. Les enquêteurs ont retrouvé à son domicile quantité de psychotropes et des arrêts maladie déchirés, dont un pour le jour du drame, attestant que le copilote avait cherché à cacher à son employeur ses problèmes de santé.