Un Airbus A310 de la compagnie Yemenia s’est abîmé en mer mardi matin, près des Comores, avec à bord 153 personnes, dont 11 membres d’équipage. Soixante-six Français étaient à bord.

«Un enfant a été retrouvé vivant. Il est actuellement dans un bateau des sauveteurs», a déclaré à l’AFP un chirurgien de l’hôpital de Moroni. Cette information a été confirmée par le coodinateur des opérations de secours du Croissant rouge comorien.

En outre, trois corps auraient été repêchés jusqu’à présent, selon un responsable de la compagnie Yemenia. Les équipes de sauveteurs mises en place par les autorités comoriennes se sont installées sur une plage du nord de la Grande-Comore.

«Des cadavres flottant à la surface de l’eau ont été vus et une nappe de carburant a été repérée à quelque 16 à 17 (environ 29 km) milles marins de Moroni», la capitale des Comores, avait déclaré un haut responsable de l’aviation civile yéménite lors d’un point de presse à Sanaa. Il n’a pas été en mesure de préciser les raisons de l’accident, indiquant qu’une équipe technique yéménite s’était envolée pour Moroni pour participer à l’enquête. «Le contact avec le vol 626 de la Yemenia, parti lundi à 21h45 (18h45 GMT), a été perdu mardi à 01h51 (22h51 GMT, lundi)», a-t-il indiqué, ajoutant que «les conditions météorologiques étaient mauvaises, avec des vents soufflant à une vitesse de 61 noeuds. La mer était agitée».

Sur les 142 passagers, «trois sont des nourrissons», avait précisé M. Abdel Kader, ajoutant que les 11 membres d’équipage étaient «de nationalités différentes». Selon lui, la plupart des passagers ayant embarqué à bord de l’A310 étaient en transit à Sanaa: 52 venaient de Paris, 59 de Marseille, 11 du Caire, 12 de Dubaï (Emirats arabes unis), 3 de Djeddah (Arabie saoudite), 1 d’Amman et 1 de Damas, a-t-il expliqué.

Ce matin à la radio, le secrétaire d’Etat français aux Transports a estimé qu’une mauvaise météo était peut-être à l’origine de l’accident, tout en reconnaissant qu’il ne s’agissait pour l’heure que d’une hypothèse un peu floue. «On parle d’une approche, d’une remise de gaz puis d’une approche nouvelle qui aurait été ratée», a-t-il détaillé. «Pour l’instant, il faut être prudent, tant que toutes ces informations ne sont pas vérifiées», a-t-il dit, ajoutant que la France serait «partie prenante» de l’enquête.

Plus tard dans la matinée, il a également déclaré sur iTélé que Yemenia était une compagnie «très surveillée» par les autorités françaises, et que «de très nombreux défauts» avaient été constatés sur l’avion disparu. «L’A310 en cause avait été contrôlé en 2007 par la DGAC (Direction générale de l’aviation civile, ndlr) en France et on avait constaté un certain nombre de défauts», a-t-il dit : «l’appareil depuis n’était pas réapparu dans notre pays». Les avions de la compagnie Yemenia sont immatriculés au Yemen, a-t-il précisé. Par ailleurs, «la compagnie ne faisait pas partie de la liste noire mais faisait l’objet de notre part d’un contrôle renforcé et devait être auditionnée prochainement par le comité de sécurité de l’Union européenne», a détaillé le secrétaire d’Etat.

«Des vedettes et des navires des Comores et de Madagascar participent aux recherches» sur le lieu du drame, a déclaré à l’AFP un responsable yéménite. «Des bâtiments de la force internationale opérant dans le secteur peuvent aussi apporter leur aide» aux opérations de recherche, a ajouté ce responsable qui a requis l’anonymat.

A Paris, l’état-major des armées a annoncé que la France avait dépêché sur place deux navires et un avion de transport militaire. «Des moyens civils et militaires sont en train d’être rassemblés à La Réunion sous l’autorité du préfet», a déclaré à l’AFP le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l’état-major. «Au titre des moyens militaires, nous sommes en train de préparer un Transall (avion de transport militaire) qui doit déposer aux Comores des Zodiac, des plongeurs, une cellule médicale avec des médecins et des infirmiers du SAMU de La Réunion, ainsi qu’un logisticien civil», a-t-il précisé. Par ailleurs, un patrouilleur maritime, La Rieuse, et la frégate de surveillance Nivôse ont reçu l’ordre de se diriger vers Grande Comore, la plus grande île de l’archipel des Comores, qu’ils devraient atteindre mercredi, toujours selon le commandant Prazuck.

Le vol, au départ de Paris et à destination des Comores, comptait plusieurs escales et un changement d’appareil. Un A330-200 de Yemenia avait décollé lundi de l’aéroport parisien de Roissy, pour faire escale à Marseille dans le sud de la France, puis à Sanaa au Yémen, où les passagers ont changé d’appareil pour embarquer à bord d’un A310, a ajouté la même source. L’A310 a décollé pour Djibouti, puis Moroni, aux Comores où il devait arriver à 1h00 heure de Paris. L’avion a disparu des écrans radar, selon cette source.

Il y a tout juste un mois, le 1er juin, un Airbus A330 de la compagnie Air France s’était abîmé en mer entre le Brésil et la France, avec 228 personnes à bord.