Ukraine

Crash du MH17: un chef séparatiste reconnaît la présence de missiles sol-air

Dans un entretien à l’agence Reuters, un chef séparatiste n’exclut pas que le missile qui aurait atteint l’avion de Malaysia Airlines soit venu de Russie et y ait été renvoyé après le drame, pour dissimuler les preuves

Un des chefs militaires des séparatistes pro-russes de l’est de l’Ukraine a reconnu mercredi que les rebelles possédaient des missiles sol-air Bouk de fabrication russe. Selon Washington, un projectile de ce type a détruit la semaine dernière l’avion de Malaysia Airlines, faisant 298 morts.

Dans un entretien accordé à Reuters, le commandant du «bataillon Vostok», Alexandre Khodakovski, n’exclut pas que le missile qui aurait atteint l’avion de ligne soit venu de Russie et y ait été renvoyé après le drame, pour escamoter les preuves.

«J’étais au courant de la présence de cette batterie de Bouk. On m’en avait parlé. Je pense qu’elle a ensuite été renvoyée là d’où elle venait […] afin d’effacer les preuves de sa présence.»

Et d’ajouter: «Je ne dis pas que la Russie a donné [aux rebelles] un tel missile mais, si on m’en avait proposé un, j’aurais accepté. Mais je ne l’aurais pas utilisé contre une cible inoffensive, je l’aurais tiré uniquement pour protéger des vies en cas d’attaque aérienne.»

Autorités mises en cause

Les dirigeants de la «République populaire de Donetsk», autoproclamée par les insurgés dans la région où le Boeing a été détruit, ont assuré à plusieurs reprises ne pas détenir de tels missiles sol-air.

Pour Alexandre Khodakovski, s’il est démontré que l’appareil a bien été touché par un missile, les autorités de Kiev ont provoqué ce drame en menant d’intenses opérations aériennes dans le secteur en sachant très bien que les missiles y étaient déployés.

Avion civil

«Il faut dire certaines choses: l’Ukraine a été informée que les volontaires possédaient cette technologie grâce à la Russie. Non seulement les Ukrainiens n’ont rien fait pour assurer la sécurité dans la zone, mais ils ont provoqué l’utilisation de ce type d’arme contre un avion civil qui la survolait», a affirmé le chef séparatiste.

Alexandre Khodakovski a ajouté que son unité n’a jamais possédé de missile Bouk. Un projectile que les Occidentaux désignent sous le nom de SA-11.

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