Le site d'information Bellingcat publie son rapport très attendu sur le vol MH17 de la compagnie Malaysia Airlines. En juillet 2014, le crash de cet avion au-dessus de l'Ukraine avait fait 298 morts, dont deux tiers de Néerlandais.

Grâce notamment à une exploration minutieuse des réseaux sociaux et des images satellites de Google – exploration qui a fait la réputation du site – les journalistes de Bellingcat auraient identifié une vingtaine de soldats russes potentiellement impliqués dans le crash. Au total, près de 100 soldats pourraient être concernés.

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Le rapport contient les noms et les photos de ces soldats, des «militaires très expérimentés » qui savent manipuler les armes antiaériennes. Le rapport réaffirme que l’avion a été abattu par un missile sol-air du système de missile anti-aérien «Bouk » d’ogive 9M38 appartenant à l’unité militaire 9М314М. 

Un rapport qui affaiblit la position russe

Dans le passé, le site avait déjà fait la preuve du sérieux de son travail. En 2014, Bellingcat avait affirmé qu'un lanceur BUK observé le 17 juillet peu avant le crash en zone sous contrôle séparatiste, provenait d'un convoi militaire de la 53e brigade antiaérienne russe de la base de Koursk, alors en manœuvre à proximité de la frontière ukrainienne. Une enquête internationale coordonnée par les Pays-Bas était arrivée ensuite aux mêmes conclusions.

Ce nouveau rapport donne du crédit à la théorie accusant la Russie, avancée notamment par l'Ukraine et les Etats-Unis, mais que le Kremlin rejette fermement. Une enquête pénale est en cours pour identifier les responsables du crash, mais de nombreux experts doutent que les auteurs du tir de missile seront un jour arrêtés et poursuivis.

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