Les cinq hommes accusés d’avoir organisé les attentats du 11 septembre 2001, dont le «cerveau» présumé Khaled Cheikh Mohammed (KSM), seront jugés devant un tribunal de droit commun à New York, a indiqué vendredi un avocat militaire impliqué dans les procédures judiciaires à Guantanamo, où ils sont détenus.

Une organisation de familles de victimes des attentats a qualifié ce transfert de «grave erreur», estimant que la procédure judiciaire aurait dû se poursuivre devant un tribunal militaire d’exception.

Les cinq hommes, KSM, Ramzi ben al-Shaiba, Ali Abd al-Aziz Ali, Wallid ben Attash et Mustapha al-Hawsawi, risquent la peine de mort. Leur transfert de Guantanamo vers une prison fédérale ne pourra pas intervenir avant au moins 45 jours, délai imposé par le Congrès. Un procès ne devrait pas intervenir avant plusieurs années, selon les experts.

Le président Barack Obama a estimé vendredi depuis Tokyo que KSM serait jugé de la façon la plus «rigoureuse». L’administration s’était engagée à annoncer d’ici à lundi où elle entendait juger les détenus de Guantanamo formellement inculpés. Arrêtés en 2002 et 2003, les suspects ont disparu des années durant dans des prisons secrètes de la CIA, où ils ont de notoriété publique subi des mauvais traitements, voire, pour KSM au moins, été torturés.

Démission

Réapparus en 2006 à Guantanamo et formellement renvoyés ensemble en juin 2008 devant les tribunaux militaires d’exception conçus par l’administration Bush, certains ont dit vouloir mourir en martyrs. Mais devant une juridiction de droit commun, les violences qu’ils ont subies pourraient leur valoir la vie sauve.

Par ailleurs, le président américain a annoncé vendredi la démission de son conseiller pour les questions de droit, Greg Craig, qui s’est débattu pendant presque un an avec la promesse de fermer le camp de Guantanamo.

Greg Craig sera remplacé d’ici à la fin de l’année par Bob Bauer, un démocrate proche de Barack Obama, dont il défend les intérêts comme avocat depuis des années.

Les spéculations sur le départ de Greg Craig avaient cours depuis un certain temps déjà. Le conseiller aux affaires légales n’est pas le personnage le plus visible à la Maison-Blanche, mais il y joue un rôle capital, conseillant le président sur les aspects légaux de ses décisions et politiques, supervisant des nominations importantes et, cas échéant, défendant le président contre les actions juridiques intentées contre lui.

A ce titre, Greg Craig a été aux avant-postes du combat mené pour fermer d’ici à janvier 2010 le camp de Guantanamo, promesse que l’administration elle-même reconnaît ne pas pouvoir tenir dans les délais.