Tractations à l'ONU

Les six pays membres du Conseil de sécurité placés dans le rôle d'arbitre entre les partisans et les opposants à la guerre contre l'Irak ont proposé mardi un délai de trente à quarante-cinq jours pour le désarmement de l'Irak, dans une nouvelle tentative de compromis. L'ambassadeur du Cameroun à l'ONU, Martin Belinga-Eboutou, a parlé d'un délai de quarante-cinq jours. Celui du Pakistan, Munir Akram, avait évoqué lundi soir un délai de trente jours.

Essai militaire américain

L'armée américaine devait tester mardi en Floride la plus grosse bombe conventionnelle de son arsenal, une nouvelle munition de 9,5 tonnes surnommée «la mère de toutes les bombes», qui pourrait être utilisée dans une guerre contre l'Irak. Ce devait être le premier test grandeur nature de cette arme appelée «Massive Ordnance Air Blast» ou MOAB. La bombe, qui est guidée par satellite jusqu'à sa cible, est si puissante que son explosion devrait créer un «champignon» visible à des kilomètres.

Les mesures préventives

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réduit son personnel expatrié en Irak pour le redéployer dans les pays voisins, a annoncé mardi l'organisation. Une vingtaine de délégués restent dans le pays au lieu des 35 sur place le mois dernier. La porte-parole du CICR à Genève Nada Doumani a précisé que si la perspective d'une guerre se rapproche, le nombre de délégués devrait passer progressivement à une dizaine.

Les Casques bleus de la Mission d'observation des Nations unies pour l'Irak et le Koweït (Monuik) déployés du côté irakien de la frontière sont en cours de repli sur leur quartier général.

La position suisse

La position et les objectifs de la diplomatie helvétique à New York n'ont pas changé. Elle continue à tout mettre en œuvre pour assurer le respect du droit international humanitaire, comme devait le répéter la nuit dernière le représentant suisse au cours du débat devant le Conseil de sécurité. Le contexte s'est toutefois modifié depuis la mi-février. Il n'est plus question aujourd'hui d'obtenir l'inclusion dans une deuxième résolution d'une disposition rappelant les parties à leurs devoirs en la matière. L'appel au respect du droit humanitaire ne pouvait être formulé qu'en référence à l'éventualité d'un recours à la force. Dès lors que la résolution ne mentionne pas explicitement celui-ci, l'ancrage des propositions de la diplomatie helvétique disparaît. Ce qui ne veut pas dire, assure-t-on à Berne, que ses préoccupations ne demeurent pas partagées.