Un député et un sénateur socialistes s'affichent à tribune de deux meetings contre la ratification du traité constitutionnel européen. Laurent Fabius disserte sur les avantages d'un refus à l'heure du journal télévisé de France 2. Les partisans socialistes du non défient la majorité de leur parti qui a décidé à près de 60% d'approuver la Constitution européenne. La direction du PS pourrait prononcer des sanctions mardi prochain. Mais quelle que soit sa décision, l'unité du PS est en péril.

Cette crise rappelle la situation qui a conduit à l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle de 2002. Certains dirigeants socialistes, dont l'ancien premier ministre, s'étaient alors bercés d'illusions en attribuant cette défaite à l'inconscience des électeurs qui avaient apporté leurs suffrages à des candidats d'extrême gauche sans en mesurer les conséquences. L'évolution des sondages sur le référendum européen montre que beaucoup de ces électeurs se rallient maintenant au camp du non en sachant très bien ce qu'ils font.

En 1971, François Mitterrand avait pris la tête du Parti socialiste avec la volonté d'isoler l'extrême gauche (à l'époque le Parti communiste) et de l'affaiblir suffisamment pour qu'elle soit obligée de faire alliance.

Les élections de 2002 ont annoncé le retour de la division entre la gauche d'opposition et la gauche de gouvernement.

La campagne référendaire n'a pas encore provoqué de scission au Parti socialiste, mais elle montre que ce dernier est pour l'instant incapable de rallier suffisamment de voix sur une ligne politique réformiste pour pouvoir briguer l'alternance en 2007.