André Boulhol, économiste en charge des études concernant la France à l’OCDE.

«La situation économique française est difficile, mais pas insurmontable. La crise n’a pas créé le problème budgétaire, elle l’a précipité. Il résulte, en termes de finances publiques, de performances dégradées depuis des décennies. Les causes de l’endettement et du déficit sont structurelles, elles cumulent de hauts niveaux de dépenses dans la santé et la protection sociale, avec un manque d’efficacité des administrations publiques. La situation actuelle appelle des mesures correctrices sérieuses. La France est partie, avant la crise en 2007, avec un ratio d’endettement de 64% du PIB. Il s’est ensuite accru de près de 20 points environ à 83%. Mais le pays n’est pas confronté à des taux d’endettement de 110 ou 120% comme la Grèce ou l’Italie.

»S’agissant du déficit, l’objectif fixé par le gouvernement d’atteindre 6% du PIB en 2011, 4,6% en 2012 et de descendre jusqu’à 2% en 2014 paraît approprié, et permettrait de stabiliser la dette par rapport au PIB. Pour l’année 2011, le programme budgétaire nous paraît crédible. Mais à plus long terme, le rééquilibrage des finances dépend aussi des taux de croissance, et l’incertitude est plus forte. Comment fera le gouvernement pour atteindre la cible fixée pour 2014? Quelles seront les coupes supplémentaires sur les dépenses publiques? Nous considérons qu’à moyen terme, il faudra aussi probablement trouver des recettes supplémen­taires.»