«De notre point de vue, la question nucléaire est close (...) Nous ne négocierons pas de nos droits indéniables» en matière nucléaire, a-indiqué lle chef d’Etat iranien ors d’une conférence de presse. «Nous avons dit deux choses: créer des opportunités pour utiliser à des fins pacifiques l’énergie nucléaire et (deuxièmement) prévenir le développement des armes nucléaires de destruction massive», a-t-il poursuivi. «Notre paquet de propositions est en réponse à leur demande de reprise des négociations. Nous avons fixé le cadre et fait nos propositions», a-t-il ajouté.

Prêt au dialogue

«Nous avons proposé un dialogue dans un cadre logique et juste avec tous les pays (...) qui peuvent permettre de changer les choses» dans les affaires mondiales, a-t-il cependant affirmé.

Téhéran est soupçonné de vouloir fabriquer l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce qu’il dément avec force. L’Iran, soumis à des sanctions de l’ONU, fait toujours l’objet de pressions de la part des grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) pour qu’il ouvre les négociations sur son programme nucléaire controversé.

«Ils (les grands pays occidentaux, ndlr) n’ont aucun intérêt à poursuivre leur politique (d’hostilité passée, ndlr). Nous sommes prêts pour les deux options, mais nous préférons qu’ils changent d’approche et respectent les droits des peuples», a ajouté Ahmadinejad. «Nous allons remettre dans un premier temps nos propositions au groupe 5+1. Un paquet a été préparé pour d’autres groupes de pays et leur sera remis», a ajouté M. Ahmadinejad.

Selon lui, les pays européens et les Etats-Unis «doivent sortir de leur tour d’ivoire» et «changer leurs attitudes (...) pour reconnaître les droits» de l’Iran en matière nucléaire. «Ils ne tireront aucun bénéfice à poursuivre leur politique passée», a-t-il souligné.

Crise à l’AIEA

Pendant ce temps la crise s’aggrave à l’AIEA, l’agence internationale de l’énergie atomique en session actuellement à Vienne. Le ministère français des Affaires étrangères a maintenu lundi midi que toutes les informations à la disposition de l’AIEA sur le programme nucléaire iranien «ne sont pas reflétées» dans le dernier rapport de l’organisation sur le sujet.

Accusé récemment par Israël et la France d’avoir dissimulé des documents qui permettraient de prouver la composante militaire du programme nucléaire iranien, que Téhéran a toujours nié, M. ElBaradei avait affirmé lundi matin être «consterné par les accusations de certains Etats membres(...) qui sont motivées politiquement et absolument sans fondement».

Monsieur ElBaradei, qui quitte ses fonctions le 30 novembre prochain, a été plusieurs fois accusé, notamment par Washington, de ne pas s’être montré assez sévère avec l’Iran. La semaine dernière, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner avait demandé pourquoi M. ElBaradei refusait de publier des annexes de son dernier rapport sur le programme nucléaire iranien controversé.

L’Iran, de son côté, avait réitéré au même moment ses accusations contre les services secrets américains d’avoir produit des documents falsifiés pour prouver cette composante militaire présumée de leur programme qui ne vise, selon Téhéran, qu’à produire de l’électricité.

«Le gouvernement des Etats-Unis n’a pas transmis à l’agence des documents authentiques car il ne dispose pas de documents crédibles et tous les documents ont été falsifiés», a écrit l’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh dans une lettre à M. ElBaradei.

M. Soltanieh avait aussi accusé «les ambassadeurs des Etats-Unis, de France et du Royaume Uni (...) de poursuivre des motivations politiques».

A Washington, un responsable américain a qualifié samedi les accusations de falsification de «sans fondement». «L’AIEA elle-même a accepté ces documents comme crédibles», a-t-il dit sous couvert de l’anonymat.