Les pays de l'Union européenne (UE) ont apporté, lundi, leur «soutien» à la France dans la crise des sous-marins qui l'oppose aux Etats-Unis. Les ministres des affaires étrangères des 27 se sont réunis à New York en marge de l'assemblée générale annuelle de l'ONU.

C'est «un soutien clair», a indiqué le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. Selon lui, les Européens ont estimé que la dispute franco-américaine autour de l'annonce d'une alliance indo-pacifique entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie n'était pas «un sujet bilatéral», mais qu'il «affectait» toute l'UE. Il a déploré que cela «n'aille pas dans la direction d'une plus grande coopération dans la zone indo-pacifique».

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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a, plus tôt, jugé «inacceptable» la manière dont Paris a été «traitée», dans un entretien sur la chaîne américaine CNN.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a aussi dénoncé un «manque de loyauté» des Etats-Unis et plaidé pour un renforcement de la «capacité d'action» de l'UE sur la scène internationale.

Une «rupture de confiance entre alliés» pour Paris

Le président américain Joe Biden a annoncé le 15 septembre une nouvelle alliance stratégique avec l'Australie et le Royaume-Uni, qui torpille un gros contrat de sous-marins français à Canberra et a provoqué la fureur de Paris, laissé dans l'ignorance.

Peu auparavant, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé, comme il le fait depuis plusieurs jours mais cette fois sur le sol américain, une décision «brutale», un «défaut de concertation» et une «rupture de confiance entre alliés». Cela s'apparente aux «réflexes d'une époque que nous espérions révolue», a-t-il martelé, dans une nouvelle allusion claire à l'ère de l'ancien président américain Donald Trump.

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La France a rappelé ses ambassadeurs à Washington et Canberra dans un geste sans précédent. Elle avait déjà reçu plutôt dans la journée le soutien des dirigeants de l'UE.