Le chef de la diplomatie russe a affirmé vendredi vouloir la diplomatie et «pas la guerre», après l’appel américain à «revenir à la table des négociations» et à ne pas envahir l’Ukraine. «Nous avons choisi la voie de la diplomatie depuis de nombreuses décennies», a déclaré Sergueï Lavrov dans une interview diffusée sur plusieurs radios et télés russes, «il faut travailler avec tout le monde, c’est notre principe». «Si cela tient à la Russie, il n’y aura pas de guerre. Nous ne voulons pas de guerres. Mais nous ne permettrons pas non plus que nos intérêts soient grossièrement bafoués, ignorés», a-t-il ajouté.

Il a estimé que de nouvelles sanctions contre la Russie entraîneraient une «rupture» entre Moscou et l’Occident, alors qu’Européens et Américains ont dit préparer des mesures particulièrement douloureuses en cas d’offensive contre l’Ukraine.

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Plus de 100 000 militaires russes sont massés à la frontière ukrainienne depuis fin 2021, selon les estimations des Occidentaux qui craignent qu’une invasion de l’Ukraine, voisin pro-occidental de la Russie, soit imminente.

Demandes russes rejetées

Le Kremlin dément tout projet d’invasion, mais s’estime menacée par l’expansion de l’OTAN depuis 20 ans et par le soutien occidental à l’Ukraine. Elle a donc conditionné la désescalade à la fin de la politique d’élargissement de l’Alliance atlantique, notamment à l’Ukraine, et un retour des déploiements militaires occidentaux aux frontières de 1997.

Mais les Etats-Unis et l’OTAN ont, sans surprise, formellement rejeté mercredi ces demandes clés de Moscou, tout en ouvrant à nouveau la porte à des négociations sur des limites réciproques au déploiement des missiles de courte et moyenne portée des deux puissances nucléaires rivales en Europe ainsi qu’aux exercices militaires aux abords du camp adverse.

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La Russie s’est montrée réservée, et a dit préparer une réaction alors que les Etats-Unis l’appelaient à «revenir à la table des négociations». Vendredi, Sergueï Lavrov a indiqué avoir trouvé «des graines de rationalité» dans la réponse occidentale, «sur des sujets d’importance secondaire».

Attaque imminente selon les Etats-Unis

Vladimir Poutine et Emmanuel Macron doivent en outre s’entretenir vendredi après-midi, le président français souhaitant proposer à son homologue russe un «chemin de désescalade».

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Washington insiste qu’une attaque russe est imminente voire probable en février, un danger que l’Ukraine estime moindre. «Nous ne constatons pas maintenant d’actions à caractère militaire qui diffèrent de ce qu’il y avait au printemps dernier» lorsque la Russie avait déjà massé des dizaines de milliers d’hommes près de l’Ukraine, a estimé Oleksiï Reznikov, ministre ukrainien de la Défense devant les députés. Selon lui, 112 000 soldats russes et 18 000 membres de la marine et de l’armée de l’air sont mobilisés actuellement dans un rayon de 200 km de la frontière ukrainienne.

La Biélorussie derrière la Russie

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a affirmé vendredi que son pays irait en guerre si son alliée, la Russie, était attaquée. Il a promis d’accueillir des «centaines de milliers» de soldats russes en cas de conflit.

S’adressant à la nation dans un discours télévisé, Alexandre Loukachenko a assuré qu’il «y aura une guerre» si son pays était attaqué ou «si son alliée la Russie est attaquée directement». «Nous nous lèverons pour défendre notre terre et notre patrie», a-t-il indiqué, ajoutant cependant qu’il «n’y aura pas de vainqueurs dans cette guerre», car «tout le monde perdra tout».

Jugeant le niveau des tensions actuelles en Europe «critique», le président biélorusse a menacé d’accueillir l’armée russe sur son territoire en cas de guerre. «S’il y a une agression contre la Biélorussie, il y aura des centaines de milliers de soldats russes. Qui, avec des centaines de milliers de Biélorusses, défendront cette terre», a-t-il lancé lors d’un discours de plusieurs heures.