Il a appris la nouvelle de l’hécatombe alors qu’il débattait des grands enjeux humanitaires dans la paisible Suisse. Président de la Croix-Rouge du Niger, Ali Bandiaré participait à la conférence de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui réunissait à Genève toutes les sections nationales du mouvement fondé par Henry Dunant. Le Nigérien a pris connaissance de la mort de près de 70 soldats nigériens dans une nouvelle attaque djihadiste avec un mélange de révolte et de fatalisme. «La situation dans toutes nos zones frontalières est de plus en plus préoccupante», analyse le représentant de la Croix-Rouge.

Mardi, des centaines d’hommes lourdement armés ont attaqué le camp militaire d’Inates dans l’ouest du pays, près de la frontière avec le Mali. Ce sont les pires pertes de l’armée nigérienne, aux prises avec des groupes armés de plus en plus menaçants. Dans cette guerre qui ne veut pas dire son nom, les volontaires de la Croix-Rouge sont aussi en première ligne, intégrés aux communautés les plus touchées. Mais ils ont bien de la peine à recevoir le soutien dont ils auraient besoin.