Selon la brochure officielle, Christian Solidarity International (CSI) «intervient en faveur des chrétiens qui sont persécutés parce qu'ils témoignent de la résurrection du Christ». Mais CSI prend aussi la défense de tous ceux qui sont opprimés à cause de leur croyance. Elle dispose de filiales dans une quinzaine de pays. Son budget annuel, environ 7 millions de francs, est financé essentiellement par des cotisations privées. Depuis quelques années, la contribution américaine (Eglises, groupes de pression) gagne en importance. CSI n'est pas membre de la ZEWO, centrale suisse des œuvres d'entraide, un organe de contrôle qui a édicté un code de conduite pour ses membres. «Nous ne ressentons pas la nécessité d'en faire partie», répond Sylvaine Blanc.

«Nous sommes conscients que la guerre au Soudan n'est pas uniquement une guerre de religions; elle concerne aussi le partage du pouvoir et des ressources économiques», explique Gunnar Wiebalch. L'organisation zurichoise a un autre ennemi: le communisme. D'ailleurs, ce sont les protestations organisées par le révérend Hans Stuckelberger contre l'arrestation d'un pasteur en ex-URSS qui ont débouché sur la naissance de l'organisation en 1977. «Par nature, les régimes communistes ne croient pas à la liberté religieuse», dit Sylvaine Blanc.

Gunnar Wiebalch assure que CSI ne pratique pas le prosélytisme. L'organisation défend la liberté de changer de religion tout comme elle fait savoir aux personnes qui bénéficient de son aide qu'elle agit en tant que chrétien. Wiebalch nie aussi tout lien avec les organisations religieuses extrémistes américaines comme le laissent croire les autorités soudanaises.

R. E.