Pour tenter de résoudre les pénuries chroniques que subit le pays, le gouvernement cubain va autoriser les investissements étrangers dans les commerces de gros et de détail. «Face aux fortes restrictions auxquelles nous faisons face, l'investissement étranger dans le commerce de gros et de détail, avec régulation par l'Etat, permettra d'élargir et de diversifier l'offre à la population et contribuera au rétablissement de l'industrie nationale», a tweeté mardi le ministre de l'Economie, Alejandro Gil. Le gouvernement cubain conservera toutefois son monopole sur le commerce extérieur.

Jusqu'à présent, les investissements étrangers à Cuba n'étaient autorisés que dans la production de biens, les services, ainsi que dans quelques secteurs d'activité comme l'hôtellerie.

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Selon les nouvelles mesures, les entreprises de commerce en gros pourront être à 100% détenus par des investisseurs privés, mais les commerces de détail resteront soumis au régime d'économie mixte en vigueur dans l'île, dans lequel l'Etat conserve obligatoirement une participation.

Pire crise économique du pays en 30 ans

Contrôlé par l'Etat, le secteur du commerce à Cuba éprouve de grandes difficultés pour capter des devises étrangères et s'approvisionner. Les Cubains sont contraints de faire de longues queues pour acheter aliments et autres produits de première nécessité en pesos cubains dans des magasins étatiques où l'offre est très limitée.

Des magasins où il est possible de payer en dollars ont commencé à fonctionner en 2019. L'offre y était généralement plus large, mais leurs rayons ont également commencé à se vider ces derniers mois en raison des pénuries. Cette situation favorise le marché noir et alimente la spirale inflationniste. En 2021, les prix à la consommation avaient ainsi augmenté de 70% sur un an, selon des chiffres officiels.

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En août 2021, le gouvernement cubain avait déjà autorisé les petites et moyennes entreprises privées, mettant fin à 52 ans de monopole d'Etat.

Cuba traverse actuellement sa pire crise économique en trente ans, aggravée par la pandémie et par l'embargo imposé à l'île par les Etats-Unis depuis soixante ans.