Cuba - Etats-Unis: un obstacle à l’ouverture

Amériques La pression monte aux Etats-Unis pour réduire la pression sur La Havane en vue d’un début de normalisation

Un Américain détenu sur l’île est en mauvaise santé

Le 19 novembre, Antony Blinken a dû se soumettre aux questions des sénateurs de la Commission des affaires extérieures. Le conseiller adjoint à la Sécurité nationale a été sélectionné pour devenir l’adjoint du secrétaire d’Etat John Kerry. Illustrant les espoirs que suscitent les deux dernières années de Barack Obama à la Maison-Blanche eu égard à Cuba, il a laissé entendre que le président démocrate était prêt à agir par décret présidentiel pour réduire la pression sur La Havane en allégeant l’embargo en place depuis cinquante-quatre ans. Ses propos ont intrigué les faucons du Sénat d’origine cubaine Marco Rubio et Robert Menendez. Pressé par le premier, Antony Blinken s’est senti contraint d’édulcorer ses propos: «A moins que Cuba soit capable de démontrer qu’il prend des mesures de changement importantes, je ne vois pas comment on peut aller de l’avant dans la relation.» Mais il a répété le credo de Barack Obama: «Le président a son idée sur la manière d’aller de l’avant, d’aider Cuba à se démocratiser, d’aider les gens dans ce sens. Et vous savez, s’il en a l’occasion, je suis sûr que c’est un objectif qu’il voudra poursuivre. Mais cela dépend de Cuba et des actions qu’il mènera.»

Alors que le New York Times a mené une campagne éditoriale en faveur d’un début de normalisation entre Washington et La Havane, un obstacle reste majeur: la détention par Cuba d’Alan Gross, un sous-traitant de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) condamné pour avoir introduit secrètement du matériel informatique sur l’île. Le 3 décembre dernier marquait le cinquième anniversaire de sa détention. Son épouse, Judy Gross, a lancé un cri de désespoir: «C’en est assez. Mon mari a payé un prix terrible pour avoir servi son pays et sa communauté.» Condamné à 15 ans de prison à l’hôpital militaire Carlos J. Finlay de La Havane, il est en mauvais état physique et mental. Il a perdu plus de 45 kilos et une bonne partie de son acuité visuelle à l’œil droit. Il refuse même les visites, mensuelles, de collaborateurs de la Section des intérêts américains à La Havane et de l’ambassadeur qui la dirige depuis août dernier, Jeffrey DeLaurentis.

Judy Gross en appelle à la Maison-Blanche pour agir en urgence. Certains verraient d’un bon œil un échange de prisonniers: Alan Gross contre les trois détenus cubains de Miami qui faisaient partie du groupe des Cuban Five, condamnés après un procès discutable pour avoir fomenté des attentats terroristes aux Etats-Unis. L’espoir d’un début de normalisation grâce notamment à un échange de prisonniers réside dans une possible rencontre bilatérale entre Barack Obama et le président cubain Raul Castro en marge du Sommet des Amériques en avril prochain à Panama, pour autant que le premier y participe.

U Cuba participera l’an prochain au Sommet des Amériques au Panama, pour la première fois depuis que ces sommets ont été lancés il y a vingt ans. La cheffe de la diplomatie panaméenne, Isabel de Saint Malo, a annoncé vendredi que La Havane serait représentée lors de la prochaine rencontre, en avril 2015, sans toutefois préciser si le président cubain Raul Castro s’y rendrait lui-même. Le sommet réunissait jusqu’à présent tous les trois ou quatre ans la totalité des pays du continent, à l’exception de Cuba. (AFP)

Certains verraient d’un bon œil un échange de prisonniers