Terrorisme

Daech revendique l’agression en Allemagne

Un Afghan de 17 ans a attaqué les passagers d’un train lundi soir, en Bavière. L’individu a été tué par la police après avoir grièvement blessé quatre personnes. Il s’agit de la première attaque de l’Etat islamique dans le pays

Une revendication par écrit assortie d’une vidéo: l’Etat islamique (Daech selon l’acronyme arabe) a été rapide mardi pour revendiquer sa première attaque en Allemagne. Lundi soir, un peu après 21h, un jeune Afghan de 17 ans a attaqué quatre touristes chinois, au couteau et à la hache, dans un train régional circulant dans la région de Wurtzbourg, en Bavière. Lors de sa fuite, il a porté plusieurs coups au visage d’une promeneuse avant de se faire abattre par les forces spéciales. Deux de ses victimes se trouvaient hier entre la vie et la mort.

Dans son message écrit, l’organisation djihadiste confirme que l’assaillant était un «combattant» ayant répondu «à l’appel à prendre pour cible tous les pays participant à la lutte contre l’EI». C’est le cas de l’Allemagne, qui participe depuis deux ans aux frappes de la coalition internationale en Syrie et en Irak. Quelques heures plus tard, l’Etat islamique mettait en ligne une vidéo de deux minutes dans laquelle un jeune homme, muni d’un couteau, se présentait sous le nom de Muhammad Riyad. «Vous serez attaqués dans chaque rue, dans chaque village, dans chaque aéroport», peut-on entendre dans cette vidéo. «Vous voyez, j’ai vécu chez vous, dans votre pays, dans votre maison», ajoute-t-il.

Hier en fin de journée, cette vidéo n’était toujours pas officiellement identifiée. Toutefois, les autorités allemandes ont reconnu le caractère «politiquement et religieusement motivé» de l’attaque. L’assaillant a en effet crié à plusieurs reprises Allah akbar («Dieu est grand») lors de son assaut. Un calepin retrouvé dans ses affaires contenait par ailleurs des symboles de l’Etat Islamique fabriqué artisanalement ainsi qu’un texte, manuscrit, en langue pachtoune, dans laquelle il dénonce les «non-croyants» et adresse une lettre d’adieu à son père. «En entrant dans le train, l’assaillant avait l’intention de tuer des inconnus et de se venger des non-croyants qui ont fait souffrir ses frères et sœurs musulmans», a expliqué Erik Ohlenschlager, procureur général de Bamberg.

Comme lors de l’attentat de Nice, jeudi dernier, l’assaillant a agi seul et n’était pas connu des services de police pour radicalisation. Il n’était pas en lien avec des organisations islamistes en Allemagne, comme l’a aussi expliqué Joachim Herrmann. Le ministre bavarois de l’Intérieur tablait hier sur une «radicalisation rapide et solitaire» de la part d’un jeune Afghan, mineur, qualifié par son entourage de «calme et équilibré». «Musulman sunnite pratiquant», il «priait chez lui mais ne se rendait pas souvent à la mosquée» et n’avait rien d’un «fanatique».

Arrivé en Allemagne en juin 2015, seul, il avait reçu un permis de séjour en mars dernier. Bien intégré, il faisait un stage dans une boulangerie et vivait depuis le 1er juillet dans une famille d’accueil, près de Wurtzbourg. «Ce qui s’est passé est totalement incompréhensible pour ceux qui le connaissaient», a confirmé Joachim Herrmann. En fin de semaine dernière, le jeune homme aurait appris la nouvelle de la mort d’un ami, en Afghanistan. «Cela a peut-être joué», note Lothar Köhler, chef de la police criminelle de Bavière, chargé du dossier.

«Nous sommes horrifiés», admet le ministre bavarois de l’Intérieur. Joachim Herrmann a annoncé un renforcement de la présence policière dans les lieux publics et appelle la population à ne pas «faire de généralisation» envers les réfugiés alors que le pays a accueilli plus d’un million de demandeurs d’asile l’an dernier.

Joachim Herrmann évoquait aussi hier la possibilité que l’assaillant afghan ait pris exemple sur le terroriste de Nice. «Il n’est pas possible d’éliminer tous les camions, couteaux et toutes les haches du pays, note-t-il. Nous devons accepter le fait que chaque jour, partout, des actes de ce type puissent avoir lieu.»

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