Syrie

Damas responsable de l’attaque au gaz sarin à Khan Cheikhoun

L’ONU et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques accusent le régime syrien d’être responsable de l’attaque chimique qui a fait plus de 80 morts en Syrie

Les Nations unies et l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques) ont désigné jeudi 26 octobre le régime syrien du président Bachar el-Assad comme responsable de l’attaque meurtrière au gaz sarin sur la localité de Khan Cheikhoun, en Syrie. «Le groupe (d’experts, ndlr) est convaincu que la République arabe syrienne est responsable de l’usage de sarin sur Khan Cheikhoun le 4 avril 2017», est-il écrit dans ce rapport.

L’attaque sur cette ville de la province d’Idleb, alors contrôlée par des rebelles et des djihadistes, a fait 83 morts selon l’ONU, au moins 87 dont plus de 30 enfants selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

La Russie, alliée du régime, affirme que le sarin retrouvé à Khan Cheikhoun est venu de l’explosion d’un obus au sol et non d’une attaque aérienne syrienne. Mais selon les experts de l’ONU et de l’OIAC, qui se sont récemment rendus sur la base pour la préparation de ce rapport, le «scénario privilégié» voudrait que «le gaz sarin ait été propagé via une bombe aérienne lancée depuis un avion».

«Message clair»

«Le Conseil de sécurité doit envoyer un message clair: aucun usage d’arme chimique ne sera toléré et il faut apporter un soutien total aux enquêteurs indépendants», a réagi l’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Nikki Haley. «Tout pays qui se refuse à le faire ne vaut pas mieux que les dictateurs et les terroristes qui utilisent ces armes terribles», a-t-elle ajouté

Les images des habitants agonisants, dont de nombreux enfants, avaient fait le tour du monde et poussé l’administration Trump à lancer une attaque sur la base aérienne d’où, selon les puissances occidentales, était parti l’assaut sur la ville.

Lire notre édito: Attaque chimique en Syrie: l’affront de Khan Cheikhoun

Dans la nuit du 6 au 7 avril, l’armée américaine avait tiré 59 missiles de croisière Tomahawk depuis deux navires américains vers la base d’Al-Chaayrate. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni avaient accusé les forces du président syrien Bachar el-Assad d’être responsables de cette attaque, mais Damas avait démenti toute implication.

Renouvellement incertain

Début septembre, la Commission d’enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Syrie avait déjà estimé que les forces syriennes étaient responsables de cette attaque au gaz sarin. Dans leur rapport, l’ONU et l’OIAC concluent en outre à la responsabilité de l’Etat islamique (EI) dans l’utilisation de gaz moutarde dans la ville syrienne d’Umm Hawsh les 15 et 16 septembre 2016.

Lire aussi: Selon Washington, Assad préparerait une attaque chimique en Syrie

La commission d’enquête, dit mécanisme d’enquête conjoint (JIM), a été créée en 2015 à l’unanimité des quinze membres du Conseil de sécurité, puis renouvelée en 2016 pour un an, mais elle voit son mandat expirer mi-novembre. Mardi, la Russie a bloqué une résolution présentée au Conseil de sécurité de l’ONU qui visait à prolonger son travail. L’ambassadeur russe aux Nations unies, Vassili Nebenzia, a déclaré cette semaine qu’une extension du mandat d’enquête pourrait être envisagée une fois le rapport de jeudi discuté.

Le mécanisme d’enquête conjoint a déjà conclu à la responsabilité du régime syrien dans trois attaques au chlore en 2014 et 2015. Le gouvernement de Bachar el-Assad a accepté en 2013 de détruire ses armes chimiques en vertu d’un accord conclu sous la houlette de la Russie et des Etats-Unis. Les autorités syriennes n’ont cessé de nier l’usage de ces armes au cours des six années de conflit.

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