Proche-orient

Damas se rit de l'ONU et continue de bombarder la Ghouta

Malgré la résolution du Conseil de sécurité votée samedi soir instaurant une trêve humanitaire de 30 jours, les raids continuent sur la région martyre de la Ghouta. Emmanuel Macron et Angela Merkel doivent s'entretenir aujourd'hui avec Vladimir Poutine

Les raids du régime syrien se poursuivent dimanche dans la Ghouta orientale, a annoncé une ONG. Ce malgré le vote à l'unanimité samedi d’une résolution par le Conseil de sécurité de l’ONU réclamant une trêve «sans délai» dans ce fief rebelle assiégé.

«Les raids ont repris dimanche matin, avec deux frappes contre le secteur de Chifouniya, à la périphérie de Douma», la grande ville de la Ghouta orientale, a précisé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Ce dimanche midi, on apprenait aussi de violents combats entre régime et rebelles en périphérie de la Ghouta, selon l'OSDH.

Sept jours de frappes aériennes et de tirs d’artillerie dans la Ghouta ont tué 519 civils, dont une centaine d’enfants, toujours selon l’OSDH. Cette zone, dernier bastion rebelle aux portes de Damas, est la cible depuis le 18 février d’une opération militaire d’envergure du régime.

Le Conseil de sécurité a adopté samedi une résolution réclamant «sans délai» un cessez-le-feu humanitaire d’un mois en Syrie pour permettre la livraison d’aide humanitaire et l’évacuation des blessés graves.

Le pape François a après la prière de l'Angélus à Rome lancé ce dimanche matin «un appel pressant pour que cesse immédiatement la violence» pour permettre notamment l'acheminement d'aide humanitaire en Syrie, en particulier dans le fief rebelle de la Ghouta orientale visé par des frappes aériennes du régime syrien.

Rare intensité

Le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, a par ailleurs rapporté des tirs de roquettes et d’artillerie sur au moins trois localités de la Ghouta orientale, notamment la ville de Douma. Un correspondant de l’AFP présent à Douma pouvait entendre des raids aériens et des tirs d’artillerie.

M. Abdel Rahmane a aussi indiqué que des «affrontements entre les forces du régime et le groupe rebelle Jaich al-Islam» avaient lieu «dans le sud de la Ghouta» orientale. Des combats de ce type se déroulent quotidiennement sur le front, a-t-il toutefois expliqué.

La campagne de bombardements du régime sur la Ghouta orientale, d’une rare intensité même pour un pays ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340’000 morts, a été lancée en prélude à une offensive terrestre pour reprendre cette région qui a échappé à son contrôle peu après le début du conflit.

Trêves fragiles

Mohamed Allouche, un responsable de Jaich al-Islam, un des deux principaux rebelles dans la Ghouta orientale, a fait état sur son compte Twitter de raids sur Chifouniya et de «tentatives d’assauts» du régime auxquelles les rebelles ont résisté.

Plusieurs trêves temporaires ont déjà été adoptées en Syrie. Leur entrée en vigueur et leur respect par les belligérants peuvent parfois prendre du temps et elles finissent souvent par voler en éclats.

Sur le front diplomatique

Emmanuel Macron et Angela Merkel s'entretiendront dimanche avec Vladimir Poutine sur l'application de la trêve en Syrie, a communiqué l'Elysée samedi soir. La France sera «extrêmement» vigilante concernant la mise en œuvre du cessez-le-feu humanitaire de 30 jours demandé samedi par le Conseil de sécurité de l'ONU.

«Tous les pays concernés doivent agir pour la pleine mise en œuvre des engagements pris dans les jours qui viennent, à commencer par les garants de la conférence d’Astana, la Russie, la Turquie et l’Iran», a ajouté la présidence française.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, doit par ailleurs se rendre à Moscou mardi à cette fin.


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