Une coupole bleue culminant à 24 mètres et deux minarets de 32 mètres: voilà à quoi devrait ressembler la première grande mosquée, en l’occurrence chiite, du Danemark. Sa construction est prévue sur le site d’une fabrique de machines désaffectée dans le quartier populaire du nord-est de Copenhague. Le projet né en 2006, en réaction à l’affaire des caricatures de Mahomet représenté dans un quotidien avec une bombe cachée dans son turban, suscite un vif débat.

A l’époque, les violentes réactions dans les pays musulmans – des ambassades danoises ont été incendiées – ont quelque peu ralenti les ardeurs de ses initiants. Aujourd’hui, c’est le Parti du peuple danois (PPD) qui tente de lui mettre des bâtons dans les roues. La formation xénophobe, qui surfe sur les sentiments anti-islam, a mené une vaste campagne lors des élections municipales qui viennent de se dérouler. Il conteste le récent feu vert du Conseil municipal de Copenhague dominé par les sociaux-démocrates, en mettant en avant le financement de la mosquée «par le régime de la terreur iranien». Et réclame un référendum pour empêcher ce type de constructions.

Eoliennes et panneau solaire

Le PPD a pour ce faire publié dans plusieurs quotidiens une pleine page montrant un photomontage de la Mosquée bleue d’Istanbul surmontée de sabres croisés. Avec comme titre: «Non aux grandes mosquées dans les villes danoises!». Le parti a aussi dans le viseur une autre mosquée qui devrait s’implanter à Copenhague. Sunnite, cette fois-ci. Il dénonce son financement par l’Arabie saoudite. Pour mieux faire passer ses plans, le comité à l’origine du projet va jusqu’à évoquer la possibilité d’installer des éoliennes sur les minarets et un panneau solaire sur le dôme de l’édifice.

Près de 250 000 musulmans vivent au Danemark. Depuis l’affaire des caricatures de Mahomet, le ton à leur égard s’est durci. Le Danemark a tenté de redorer son image dans le monde musulman à l’aide de programmes d’aide, comme la rénovation de 13 mosquées en Afghanistan l’an dernier. Ce qui a immédiatement fait réagir le PPD. Le gouvernement a alors rétorqué que ces constructions renforçaient la confiance envers les soldats danois sur place et donc leur sécurité.

Pour apaiser les tensions liées aux deux projets à Copenhague, le maire adjoint, Klaus Bondam, a déclaré exiger une transparence totale au niveau du financement des mosquées. Il a aussi précisé que les minarets ne serviront jamais à l’appel à la prière.