«Qui élit les curés? Qui élit les cardinaux? Qui élit le pape? (...) C'est une dictature parfaite, une tyrannie parfaite!» Le président nicaraguayen Daniel Ortega n'a pas mâché ses mots, mercredi soir, en attaquant l'Eglise catholique.

Le pape François avait insisté, le 15 septembre, sur la nécessité de «ne jamais arrêter le dialogue» avec le Nicaragua, où les tensions croissent entre l'Etat et l'Eglise catholique. «Il y a un dialogue. On a parlé avec le gouvernement. Ca ne veut pas dire que l'on approuve tout ce que fait le gouvernement. Ou que l'on désapprouve tout», a dit le pape argentin.

Mais le président Ortega fait fi de la main tendue du pape. «Moi, je dirais à sa Sainteté le pape, bien respectueusement, aux autorités catholiques -je suis catholique- comme chrétien, je ne me sens pas représenté», a-t-il dit en évoquant «l'histoire terrible» de l'Eglise, citant pêle-mêle l'inquisition et les abus contre les enfants autochtones au Canada.

«Nous les entendons parler de démocratie», a-t-il ironisé, en recommandant que tous les ecclésiastiques - des prêtres au pape, en passant par les cardinaux - soient élus par les fidèles.

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En mars, le Nicaragua avait expulsé l'ambassadeur du Vatican. Et en août, Mgr Rolando Alvarez, critique du régime, a été arrêté et «assigné à résidence», selon la police qui a invoqué des activités «déstabilisantes et provocatrices» de l'évêque.


Le Nicaragua va expulser l'ambassadrice de l'UE

Le ministre nicaraguayen des Affaires étrangères Denis Moncada a notifié, mercredi après-midi, son expulsion à l'ambassadrice de l'Union européenne (UE) à Managua, Bettina Muscheidt - qui a pris son poste à Managua en octobre 2021 -, rapporte une source diplomatique.

Selon le média 100% Noticias, la déclaration du représentant de l'UE, lundi, devant le Conseil des droits de l'homme à Genève demandant au gouvernement nicaraguayen de «restaurer» la démocratie a provoqué la colère de Managua.