Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté mardi une résolution du groupe africain à propos du Darfour qui évite de mentionner le rôle du gouvernement soudanais dans ce conflit interne en cours depuis près de quatre ans. Les 47 Etats membres du Conseil ont adopté par 25 voix contre 11 et 10 abstentions un texte qui «engage toutes les parties à mettre fin immédiatement aux violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire». Un Etat membre n'a pas pris part au vote.

Le Conseil avait juste avant rejeté des amendements de l'Union européenne qui auraient souligné «l'obligation fondamentale» du gouvernement soudanais «de protéger toutes les personnes contre les violations (des droits de l'homme), notamment les sévices sexuels et autres formes de violence sexiste et l'utilisation d'enfants soldats».

«Profonde déception»

L'ambassadeur de Finlande, qui représente l'Union européenne, a fait part de sa «profonde déception» de n'être pas parvenu à convaincre le groupe africain d'adopter par consensus une résolution qui aurait incorporé les amendements européens. Il a fait part de sa préoccupation à l'égard de la «culture de l'impunité» qui sévit dans cette province de l'ouest du Soudan, où la guerre civile et ses conséquences ont fait, selon les Nations unies, quelque 200000 morts depuis le début de 2003 ainsi que 2 millions de déplacés.

L'ambassadeur de France, Jean-Maurice Ripert, a assuré que son pays n'accepterait pas que «le silence retombe sur les femmes et les enfants victimes de la violence au Darfour». Son collègue du Canada a estimé que le peuple du Darfour «ne devrait pas être obligé d'attendre encore six mois», soit la prochaine session du Conseil, pour que des mesures concrètes soient prises par la communauté internationale. Le Canada avait été contraint de retirer deux de ses projets de résolution, faute de majorité, l'une sur l'impunité de manière générale, l'autre sur la liberté d'expression et la sécurité des journalistes en situation de conflit armé.

Des ONG ont dénoncé l'inaction du Conseil et exprimé leur «profonde déception». Selon UN Watch, les pays occidentaux auraient dû demander une session spéciale sur les atrocités au Darfour et au Tchad, même s'ils n'avaient pas une majorité suffisante pour faire adopter une résolution assez ferme.