L'essentiel

La Suisse a conclu trois nouveaux contrats pour des vaccins. Avec Curevac, pour 5 millions de doses, Novavax, pour 6 millions de doses, et Moderna, pour 6 millions de doses supplémentaires.

Ce mercredi matin, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a évoqué une reconnaissance des vaccins russe et chinois.

Mardi, après l'Allemagne, la Suède et la France ont décidé de limiter le vaccin AstraZeneca/Oxford aux moins de 65 ans.

Retrouvez notre suivi de la journée de mardi


■ En Israël, le vaccin protège mais des doutes persistent sur l’immunité collective

La campagne de vaccination en Israël, très en avance sur le reste du monde, montre que le vaccin réduit de manière significative le risque d’être diminué par le Covid mais ne permet pas de tirer de conclusions sur l’immunité collective, selon des experts.

Israël dispose de banques d’informations médicales numérisées sur l’ensemble de sa population, ce qui a favorisé un accord avec le groupe pharmaceutique américain Pfizer: le laboratoire approvisionne rapidement en vaccin le pays, qui lui partage ses données sur les impacts de la vaccination.

L’Etat hébreu a vacciné depuis décembre quelque 3,2 millions de personnes (35% de sa population), dont 1,8 million une seconde fois, pour un total de cinq millions de doses injectées, d’abord sur les personnes les plus âgées.


■ A Zoug, des tests salivaires dans les écoles deux fois par semaine

Elèves et enseignants zougois devront bientôt se soumettre, deux fois par semaine, à un test salivaire de à l'école secondaire et dans les lycées. La mesure entre en vigueur le 22 février, après les vacances de février.

Ces tests doivent contribuer à protéger les personnes travaillant en milieu scolaire et leur entourage, indique mercredi le département zougois de l'éducation. Ils doivent aussi permettre d'empêcher la fermeture des établissements scolaires en raison de la pandémie.

Si les effets de ces tests à large échelle se révèlent favorables, la mesure pourrait être étendue aux écoles professionnelles dans un second temps. En revanche, la mesure ne concerne pas l'école enfantine et le niveau primaire, les enfants n'étant pas des vecteurs de la pandémie. Les coûts des tests massifs en milieu scolaire seront couverts par la Confédération.

Jusqu'à présent, seul le canton des Grisons a mené des tests à large échelle, sur une base volontaire toutefois, notamment dans certaines écoles. Mardi, Bâle-Campagne a annoncé le lancement d'une campagne de tests salivaires hebdomadaires pour les personnes qui le souhaitent dans des écoles, des entreprises, des établissements sanitaires et des services de l'administration publique.


■ «Pas d'assouplissements majeurs à la fin février» 

La situation épidémiologique s'améliore au niveau des chiffres, mais l'évolution des cas du variant plus contagieux est inquiétante, a déclaré le ministre de la santé Alain Berset. Le conseil fédéral n'envisage pas d'assouplissements pour l'instant.

 Il n'est pas réaliste d'envisager un assouplissement majeur des mesures avant la fin février.

Alain Berset. 

Le conseil fédéral va refaire le point de la situation le 17 février, mais il ne devrait pas y avoir de grands changements.

«Nous sommes confrontés à un vrai dilemme». D'un côté les chiffres globaux s'améliorent, mais de l'autre, on a une «pandémie dans la pandémie», selon le ministre. Les variants plus contagieux augmentent fortement. Ils sont perdus dans les chiffres globaux.

De 2000 nouveaux cas d'infection au nouveau variant la semaine dernière, on s'attend à passer à 4000 cas cette semaine. Les différences régionales sont grandes. Le taux de reproduction est au-dessus de 1 pour toute la Suisse et atteint même 1,9 dans un canton. La situation de ce point de vue est semblable à celle qui prévalait au début du mois d'octobre. L'objectif est d'en sortir avec le moins de casse possible, a affirmé Alain Berset.

La fermeture des écoles reste quant à elle du domaine des cantons, a rappelé le conseiller fédéral. Les enfants peuvent être porteurs du virus, ce que montrent des cas d'infections liées aux variants. Cette évolution doit être examinée avec prudence, a relevé Patrick Mathys, responsable de la section Gestion de crise et collaboration internationale à l'OFSP.

Interpellé sur la situation prévisible à l'été 2021, Alain Berset joue la carte de la prudence en rappelant la stratégie vaccinale de la Confédération, et la volonté de rendre accessible les vaccins à tous ceux qui le souhaitent avant l'été.


■ Swissmedic a besoin de plus de données pour autoriser l'AstraZeneca

Swissmedic n'autorise pas pour l'heure l'utilisation du vaccin développé par AstraZeneca. L'Institut des produits thérapeutiques ne dispose pas encore de suffisamment de données pour prendre cette décision.

Pour permettre une évaluation définitive, le laboratoire suédo-britannique doit fournir des données supplémentaires. De nouvelles études sont requises pour évaluer plus avant la sécurité, l’efficacité et la qualité, ajoute l'institut. Swissmedic attend en particulier les données d'une étude sur une large population de personnes infectées qui est actuellement menée en Amérique du Nord et du Sud.

Le vaccin d'AstraZeneca peut être stocké à long terme dans des frigos classiques, contrairement aux deux autres déjà disponibles, ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna, qui doivent l'être à très basse température (-70°C pour le premier et -20°C pour le second). Cette différence facilite une vaccination à large échelle.

Swissmedic examine parallèlement une autre demande d’autorisation de mise sur le marché déposée par le fabricant Johnson & Johnson. Elle a déjà autorisé le recours au vaccin Pfizer-BioNTech le 19 décembre, et au Moderna le 12 janvier.


■ La France renforce les contrôles à ses frontières

Mercredi matin, à la douane de Bardonnex (GE), gendarmes et douaniers français filtrent les voitures qui se rendent en Haute-Savoie. Depuis que la France a restreint l'accès à son territoire, il est devenu plus compliqué de franchir la frontière.

Lire aussi:  Sans test PCR, la frontière franco-suisse reste fermée

Pour les hauts lieux de passage, comme Bardonnex ou Thônex-Vallard, les contrôles promettent d'être assez systématiques ces prochains jours. En revanche, à d'autres postes-frontières plus secondaires, ils se feront de manière aléatoire, indique Jean-Luc Blondel, sous-préfet de Saint-Julien-en-Genevois.

En principe, il est interdit de se rendre en France sans présenter un test PCR au Covid-19 négatif, sauf pour les travailleurs frontaliers. Des exceptions ont été négociées pour les régions bordant la France, tenant compte des zones de vie: les déplacements d'un pays à l'autre sont autorisés, mais à certaines conditions.

On ne peut ainsi pas aller au-delà d'un rayon de 30 kilomètres de son lieu de domicile. A Bardonnex, les automobiles à plaques françaises passent sans problème. Pour les voitures genevoises, la vérification est assez rapide. Elle est plus poussée pour les véhicules immatriculés dans d'autres cantons ou d'autres pays.


■ Les Suisses auront accès à deux vaccins supplémentaires 

La Confédération annonce ce jour avoir signé un contrat avec l'entreprise pharmaceutique allemande Curevac et le gouvernement suédois pour la livraison de 5 millions de doses de vaccin. Elle a également conclu un contrat préliminaire de 6 millions de doses avec Novavax. La Confédération s’assure également 6 millions de doses supplémentaires du vaccin Moderna.

Jusqu’ici, les autorités ont conclu des contrats avec cinq fabricants: Moderna (désormais 13,5 millions de doses au total), Pfizer/BioNTech (3 millions de doses environ), AstraZeneca (5,3 millions de doses environ) et désormais Curevac (5 millions de doses) ainsi que Novavax (6 millions de doses). 

La Suisse ne recevra pas de vaccin de Covax avant juillet. Elle ne figure pas dans le plan de près de 340 millions de doses pour plus de 130 pays d'ici fin juin, dévoilé mercredi à Genève. L'ONU a annoncé aussi un accord à long terme pour 1,1 milliard de doses.

Cette répartition du dispositif Covax contre le coronavirus va permettre aux Etats «de planifier et préparer» l'utilisation de ces vaccins pour les plus vulnérables et le personnel de santé, a dit à la presse une responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Notamment l'encadrement de ceux qui devront garantir que les doses sont conservées aux températures requises, a affirmé la directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).


■ L'EPFL prolonge l'enseignement à distance jusqu'en juin

Coup de massue pour les étudiants qui pensaient bénéficier, un jour, au printemps, d’une possibilité de sortie. L’EPFL a indiqué ce mercredi à ses ouailles qu’en raison des incertitudes concernant la situation sanitaire, elle prolonge l’enseignement à distance jusqu’à la fin du semestre de printemps, c’est à dire jusqu’à l’été.

On s’en doute, les réactions sont diverses. Pour aider les étudiants à passer ces temps difficiles, l’Ecole a mis en place un dispositif particulier.

La direction de l’EPFL précise que les étudiants peuvent par contre continuer à venir sur les campus pour tous les enseignements nécessitant une présence physique, travaux pratiques, ateliers d’architecture, projets en laboratoire…, «selon les règles en vigueur».

A ce sujet: L’enseignement en ligne aggrave les inégalités

Un plaidoyer: Julia, 18 ans, étudiante: «S’il vous plaît, ramenez-nous à la vie» 


■ Un point chiffré au niveau mondial

Dans ce suivi quotidien, nous ne prenons pas tous les jours les bilans chiffrés que débitent les agences de presse et sites spécialisés. Mais voici un point, nourri par l'AFP.

Ce mercredi à midi, la pandémie a fait au moins 2 237 990 morts dans le monde.

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 446 733 décès, suivis par le Brésil (226 309), le Mexique (159 533), l'Inde (154 486) et le Royaume-Uni (106 564).

Lire les chiffres du Covid-19

  • Les cas confirmés en laboratoire sont un indicateur de l’évolution de l’épidémie, mais ne représentent qu’une partie des cas réels.
  • Le nombre de cas confirmés est lié au nombre de tests, puisqu’il s’agit des résultats positifs. En Suisse, les chiffres ne sont plus publiés les samedis et dimanches: le bilan du lundi porte sur trois jours.
  • Les pays et cantons réajustent constamment les bilans des jours précédents, voire des mois précédents.
  • Il est très difficile de compter et dater les guérisons. Cette statistique est le plus souvent indisponible ou lacunaire.
  • L’attribution de décès au Covid-19 suit des règles différentes selon les pays.

■ 2847 cas dus à des variants

Un total de 2847 infections dues aux nouveaux variants du coronavirus a été signalé jusqu'à mercredi à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Le nombre de cas causés par le virus muté a doublé en sept jours.

Plus de 2700 infections avaient été enregistrées jusqu'à mardi, et 2411 lundi. L'OFSP a précisé que 1140 des 2847 cas appartenaient au variant découvert en Grande-Bretagne (B.1.1.7) et 57 au variant observé en Afrique du Sud (B.1.351).


■ Ryanair provoque un tollé avec une publicité

La compagnie aérienne Ryanair a décidé d'arrêter une campagne publicitaire encourageant les Britanniques à sauter dans un avion une fois vaccinés, ce qui pourrait entraîner des comportements «irresponsables», selon le régulateur qui a ordonné son retrait.

L'autorité britannique de régulation de la publicité indique mercredi avoir reçu 2370 plaintes sur la publicité diffusée depuis fin décembre à la télévision. Un chiffre énorme, puisque c'est la troisième publicité la plus critiquée auprès de l'ASA de tous les temps.

La publicité a été diffusée d'abord entre le 26 décembre et le 3 janvier, puis à partir du 4 janvier sous la même forme mais avec des tarifs différents.

La campagne poussait les Britanniques à réserver un vol pour Pâques et l'été une fois qu'ils auraient reçu le vaccin, avec le message «jab and go», littéralement «vaccinés, partez».


■ Ursula von der Leyen parle des vaccins russe et chinois

Si les producteurs russe, chinois ouvrent leurs dossiers, montrent de la transparence, toutes leurs données, alors ils pourraient avoir une autorisation conditionnelle de mise sur le marché comme les autres

a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ce mercredi, selon des sources parlementaires citées par l'AFP.

Mardi, Spoutnik V a reçu une recension favorable d'experts cautionnés par la revue The Lancet.

Les 40 000 premières doses de Spoutnik V sont arrivées mardi en Hongrie, premier pays de l'UE à l'avoir autorisé, sans attendre que l'Agence européenne des médicaments se prononce. Outre la Russie, ce vaccin a été homologué dans 17 pays: d'ex-républiques soviétiques restées proches comme le Bélarus et l'Arménie, des alliés comme le Venezuela et l'Iran, mais aussi la Corée du Sud, l'Argentine, l'Algérie, la Tunisie ou le Pakistan et, en urgence mardi, le Mexique.


■ La BCV suspend des amortissements

La Banque cantonale vaudoise (BCV) décide à nouveau de suspendre l'amortissement de crédits pour les PME vaudoises, au moment où nombreuses d'entre elles souffrent de la crise. La mesure sera effective du 31 mars au 30 juin.

La suspension va permettre de laisser plus de 40 millions de francs de liquidités à disposition de certaines sociétés du canton, indique mercredi l'établissement vaudois. En 2020 déjà, la BCV avait déjà pris ce genre de disposition à deux reprises.


■ GSK et CureVac s'allient contre les variants

Le laboratoire pharmaceutique britannique GSK et son concurrent allemand CureVac annoncent ce mercredi qu'ils s'unissent pour développer un vaccin à ARN messager contre les nouveaux variants du coronavirus avec l'espoir d'être prêts pour 2022.

L'objectif est de développer «un candidat vaccin qui réponde aux variants qui surviennent» pendant la pandémie, selon les deux firmes dans un communiqué.

Il ciblera les variants qui émergent déjà et ceux qui pourraient arriver par la suite, selon les deux groupes qui ont déjà tissé des liens puisque GSK avait pris une participation de 10% au capital de la biotech allemande en juillet dernier.


■ La promesse d'Emmanuel Macron: «D'ici à la fin de l'été»

Le président français Emmanuel Macron a surpris la République mardi soir, en s'exprimant à la TV d'une manière non prévue. Au sortir d'une réunion avec des groupes de pharma, il a assuré que «tous les Français adultes qui le souhaitent» se verront proposer un vaccin «d'ici la fin de l'été», soit d'ici au 22 septembre.

Alors que le gouvernement est accusé de lenteur, il a aussi estimé que, «début mars», auront été vaccinés les 80% des pensionnaires des Ehpad (les EMS) qui l'auront souhaité, soit 500 000 personnes, assurant que la campagne de vaccination «se déroule au rythme qui était prévu».


■ Les experts de l'OMS ont visité le laboratoire controversé

Les experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont visité mercredi l'Institut de virologie de Wuhan en Chine, dans le cadre de leur enquête sur l'origine du coronavirus, contre lequel l'UE envisage d'adopter les vaccins chinois et russe.

Cet institut, qui comporte plusieurs laboratoires à haute sécurité où des chercheurs travaillent sur des coronavirus, avait été accusé par le précédent président américain Donald Trump d'avoir laissé fuiter le virus à l'origine de la pandémie de Covid-19. L'accusation a été fermement démentie par Pékin.

Les experts sont restés environ quatre heures à l'Institut de virologie et sont repartis sans faire de déclaration. Le régime a attendu plus d'un an avant d'autoriser cette visite. L'agence AFP précise que de nombreux analystes doutent que la dizaine d'experts internationaux découvrent des indices révélateurs du déclenchement de l'épidémie après un tel délai.