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Le premier ministre britannique à Bruxelles lors de la conférence de presse finale, 19 février 2016.
© Geert Vanden Wijngaert

Brexit

David Cameron a arraché son accord européen

La voie est ouverte pour un référendum sur le maintien ou la sortie de l’Union Européenne, en juin. L'UE a accordé deux concessions majeures au Royaume-Uni, ce qui ne va pas manquer d'agiter le débat

Dans la plus pure tradition des sommets européens, David Cameron a finalement arraché un accord au bout de la nuit. Triomphant, le premier ministre britannique a pu annoncer par Twitter vendredi à 22h45: «j’ai négocié un deal qui donne un statut spécial au Royaume-Uni dans l’Union Européenne. Je vais le recommander au conseil des ministres demain.»

Une demi-heure plus tard, les yeux cernés mais avec son habituel calme, il a exposé son succès lors d’une conférence de presse. «Nous avons obtenu la très large majorité de ce que nous avions promis (aux Britanniques).» Selon lui, l’accord lui donne «le meilleur des deux mondes»: l’accès au marché unique, une coopération pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé, mais pas d’adhésion à la monnaie unique ni aux frontières unies. Il ajoute cette idée qui obnubile l’aile droite des conservateurs: «Le Royaume-Uni ne fera jamais partie d’un super-Etat européen.»

Bien sûr que l’UE est très frustrante. Mais ce n’est pas parce qu’une organisation est frustrante qu’il faut la quitter.

Le référendum pour rester ou sortir de l’Union Européenne, que le premier ministre britannique a promis pour la première fois en 2013, devrait maintenant se tenir rapidement. David Cameron doit décider de la date lors du conseil des ministres ce samedi matin à 10h, heure de Londres. Le plus probable est le 23 juin.

Et il annonce: «Je vais faire campagne de tout mon cœur pour rester dans cette Europe réformée.» Il ajoute: «Bien sûr que l’UE est très frustrante. Mais ce n’est pas parce qu’une organisation est frustrante qu’il faut la quitter. La bonne réponse est de rester dans une Europe réformée.»

Une négociation plus difficile que prévu

La négociation lors de ce sommet aura cependant été beaucoup plus difficile que prévue. Mercredi soir, Downing Street se disait «confiant» qu’un accord serait bouclé lors de ce sommet dans la matinée de vendredi. Mais après avoir travaillé jusqu’à 5 heures du matin dans la nuit de jeudi à vendredi, les négociations patinaient. Le petit-déjeuner anglais promis, pendant lequel le deal devait être annoncé, s’est transformé en déjeuner. Il a ensuite été repoussé à quatre reprises, et s'est transformé en dîner. Avant enfin le soulagement.

Relire notre point sur les demandes anglaises: Les quatre exigences de David Cameron

Cet apparent combat n'est pas pour déplaire à David Cameron. Donner l’impression que les négociations ont été difficiles est important pour convaincre son propre électorat.

Dans le détail, le Royaume-Uni décroche quatre grandes concessions: les immigrés européens au Royaume-Uni n’auront pas le droit aux allocations sociales pendant sept ans; les allocations familiales seront réduites pour les immigrés dont les enfants sont restés dans leur pays d’origine; le Royaume-Uni obtient un droit de regard sur la zone euro; les parlements nationaux pourront bloquer une nouvelle règle européenne si 55% d’entre eux se mettre d’accord. Enfin, le tout sera à terme introduit officiellement dans les traités.


1ère concession majeure: limitation des allocations aux immigrés européens

La concession la plus spectaculaire concerne l’immigration européenne. Les Britanniques vont pouvoir actionner un «frein d’urgence», qui va permettre de suspendre le versement des allocations sociales aux immigrés européens pendant leurs quatre premières années au Royaume-Uni. Mieux encore: ce frein d’urgence pourra être en place pendant une durée de sept ans. C’est néanmoins moins que les treize ans demandés initialement.

Martin Schulz, le président du parlement européen, de passage à Londres la semaine dernière, était clair sur ce que signifierait un tel accord: «Cela veut dire que Claudia, une Allemande qui viendrait travailler à Londres, n’aura pas mêmes droits que John, un Britannique qui serait son collègue. Inversement, Gary, un Britannique qui ira travailler en Allemagne, aura les mêmes droits que ses collègues allemands sur place. Est-ce vraiment l’UE dans laquelle nous voulons vivre?»

2ème concession majeure: un droit de regard sur la zone euro

La deuxième grande concession obtenue par le Royaume-Uni concerne les relations entre les pays de zone euro et ceux qui ne font pas partie de la monnaie unique. David Cameron obtient un droit de regard sur les actions de la zone euro. En clair, les dix-sept pays de la monnaie unique peuvent prendre des décisions de leur côté. Mais si le Royaume-Uni estime que ces dernières lui posent un problème – par exemple s’il s’agit de régulations financières avec un impact négatif sur la City – il peut forcer de mettre le sujet à l’ordre du jour d’un conseil des ministres européen.


Après sept mois de négociations tendues, et de voyages incessants à travers l’Europe, David Cameron va maintenant pouvoir lancer officiellement la campagne pour le référendum. Il lui reste cependant à faire le plus difficile: convaincre ses compatriotes. Les sondages sont très serrés, indiquant parfois une majorité en faveur du départ de l'Union. Il lui reste quatre mois pour réussir son pari.

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