Qu’il est dur, mon dieu qu’il est dur d’être né dans une famille bcbg très select et de faire de la politique; et pour en faire, de devoir faire peuple; et pour faire peuple, de se risquer à manger un hot-dog en public. C’est ce qui est arrivé ces jours à David Cameron, le premier ministre britannique, en pleine campagne électorale.

Ses communicants lui ayant conseillé de se rapprocher des couches populaires de l’électorat, il participait donc lundi à un barbecue électoral. Au menu: hot-dog! L’ancien élève d’Eton, l’école très fermée des élites britanniques, n’a pu s’empêcher… C’est au couteau et à la fourchette qu’il a donc chipoté son hot-dog. Devant les caméras et les photographes:

Au couteau et à la fourchette?!?!? Le Royaume n’a pas fini aujourd’hui d’essuyer ses larmes de rire. Sur Twitter, les commentaires des internautes sont sarcastiques: «Histoire électorale du jour: David Cameron mange un hot-dog avec du ketchup, pour montrer sa proximité d’avec les gens ordinaires – et fout tout par terre en utilisant un couteau et une fourchette», s’exclame Iain:

Plus vacharde encore dans l’understatement, Anushka Asthana fait dans le compliment empoisonné: «Breaking News: le premier ministre a mangé un hot-dog. Il a accompli sa tâche, soyons fair, de manière réellement compétente. Peut-être était-ce, attendez donc, parce qu’il s’est servi d’un couteau et d’une fourchette!»:

David Jack, du «Times» enfonce le clou avec délice: «Mais quel genre de personne mange un hot-dog avec un couteau et une fourchette?» s’exclame-t-il, incrédule:

A quoi BuzzFeed lui répond en faisant, une fois n’est pas coutume, dans la mise en perspective contextuelle et historique: «Qui aurait l’idée de manger un hot-dog avec couteau et fourchette? Quelqu’un qui aurait appris des déboires d’Ed Miliband.» Et BuzzFeed de rappeler à la mémoire de ses lecteurs l’hilarité qu’avait provoquée le chef de l’opposition travailliste, Ed Miliban, ancien chancelier du duché de Lancaster, qui s’était immortalisé courant 2014 en engloutissant comme un malpropre – lui sans fourchette ni couteau – un sandwich au bacon bien gras et bien dégoulinant.

Bref, de quelque façon que l’on mange, les réseaux seront décidément toujours railleurs.