A peine un sourire. Le visage fermé. David Cameron est entré jeudi soir dans le bâtiment du Conseil européen pour mener une bataille. Pas question, pour ce conservateur eurosceptique, d’accepter que le Royaume-Uni subisse les conséquences d’un accord institutionnel entre pays de la zone euro. Pas question, surtout, que la volonté de ces derniers de réguler les services financiers porte atteinte aux intérêts de la City.

Le ton véhément, pourtant, cache une vraie faiblesse: bloquer toute réforme à 27 pourrait se retourner contre Londres si les 17 pays dotés de la monnaie unique décident d’aller de l’avant. D’autant que le Royaume-Uni a cruellement besoin du marché continental. «Il est coincé. Il va se battre le dos au mur. Jamais sans doute l’exception britannique n’a été autant compliquée à assumer», prédisait hier un diplomate.