Il fut un temps où l’amitié franco-américaine, mais aussi l’avenir commun de l’Europe et des Etats-Unis, se forgea dans le sang et le sable, sous la mitraille allemande. 6 juin 1944. Il est un peu moins d’une heure du matin lorsque les planeurs de la 6e division aéroportée britannique, lançés au-dessus de Ranville, donnent le top départ de l’opération «Overlord». Harry Read avait alors 20 ans. Il raconte, minute par minute, le largage aérien de ces milliers d’hommes dans le ciel normand, en parachutes ou dans le silence de leurs avions sans moteurs, à l’hebdomadaire français La Vie. «Un officier nous avait avertis 36 heures avant le début de l’opération que nous aurions 50% de pertes humaines. Un sur deux d’entre nous allait mourir. Mais à 20 ans, on se croit immortel.»