Le tirage au sort en a décidé ainsi. François Hollande a ouvert le débat télévisé du second tour, mercredi soir, à 21 heures. Nicolas Sarkozy, le challenger, aura le dernier mot. Placés à 2,5 mètres de distance, avec une climatisation individuelle et une vingtaine de caméras autour d’eux, les deux hommes se toisent. François Hollande peut à peine expliquer quel président il veut être, celui de «la justice», «du redressement de la France qui a décroché», du «rassemblement» alors que les Français ont été «opposés et divisés» entre eux, que Nicolas Sarkozy passe à l’offensive. Le président-candidat rejette les accusations de divisions sur le socialiste et se félicite qu’il n’y ait pas eu «de violence» durant son quinquennat.

«Mensonges»

«Allons directement au bilan», tacle François Hollande. «Nous sortons de cinq ans où la France a été heurtée et vous le faites encore une fois.» Nicolas Sarkozy rétorque: «Vous n’avez pas besoin d’ajouter l’outrance et le mensonge.» Le climat est tendu, l’un et l’autre s’accusent mutuellement de «mensonges».

Premier thème, l’emploi. L’augmentation du chômage, qui frôle les 10%, «c’est un échec», accuse François Hollande. Nicolas Sarkozy, qui avait promis 5% en fin de quinquennat, se défend en mettant en avant la crise et en comparant les taux de chômage plus élevés dans d’autres pays européens. «C’est ça votre problème: ce n’est jamais votre faute», attaque le socialiste. En face, Nicolas Sarkozy se défend et rappelle son projet: diminuer le coût du travail en reportant une partie des charges sociales sur la TVA.

Le débat qui devait durer deux heures et demie a été minutieusement préparé par les deux candidats. Leur agenda a été allégé pour leur permettre de se concentrer et d’arriver au mieux de leur forme dans les studios. L’émission devrait être regardée par 20 millions de téléspectateurs. Ce sera l’unique et traditionnel débat puisque François Hollande a refusé de débattre «trois fois», comme l’avait demandé le président sortant. Nicolas Sarkozy espère convertir les indécis et faire basculer l’élection, les socialistes martèlent que le débat ne change pas l’issue du scrutin. Pour l’instant, les sondages font état d’intentions de vote entre 53 et 56% en faveur de François Hollande le 6 mai.