Social

Début des grèves en France

Les syndicats ont démontré jeudi leur unité. Ils doivent maintenant tenir

Les syndicats français réunis contre les réformes de la SNCF et de la fonction publique ont démontré jeudi leur unité et leur capacité de mobilisation. Environ 45 000 manifestants ont arpenté les rues de Paris, dont 15 000 du côté des cheminots, résolus à empêcher l’abandon programmé de leur statut particulier pour les futurs embauchés. Des défilés ont eu lieu dans une quarantaine de villes françaises, à l’appel de la CGT et de ses principaux soutiens, dont Force ouvrière, qui s’était pourtant désolidarisée du premier syndicat de l’Hexagone à l’automne 2017, lors des négociations sur la réforme du Code du travail. Entre 350 000 et 500 000 manifestants ont été dénombrés.

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Après ce premier test, tout va désormais dépendre des difficultés engendrées par le conflit social sur les lignes de chemin de fer. La grève «perlée» décrétée par la CGT devrait désorganiser le trafic du début avril jusqu’à la fin juin, à raison de deux jours d’arrêt de travail en moyenne par semaine. Ce jeudi, un TGV Lyria sur deux a circulé au départ de la Suisse. Mais les experts jugent déjà «très probables» des difficultés au-delà des journées de grève officielles.

Le gouvernement en observateur

Le gouvernement français se contente pour sa part d’observer. Après avoir présenté le 14 mars son projet de réforme de la SNCF en Conseil des ministres et le projet de loi d’habilitation en huit articles validant le recours aux ordonnances, l’exécutif espère toujours convaincre une partie des forces syndicales – en particulier la CFDT réformiste – d’accepter la concertation ouverte jusqu’à fin avril. Sauf si le pays s’enraie socialement, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, espère toujours boucler la réforme ferroviaire d’ici l’été.

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