Au moins 130 personnes ont été tuées en Irak au cours des dernières vingt-quatre heures après le dynamitage mercredi du mausolée des imams Ali al-Hadi et Hassan al-Askari dans la ville sunnite de Samarra suivi d'attaques contre des lieux de culte sunnites, suscitant des mises en garde contre une guerre civile.

L'attentat de mercredi n'a pas encore été revendiqué, mais les Etats-Unis ont estimé qu'il portait la marque du réseau Al-Qaida. Le dynamitage a provoqué une vague de représailles contre la communauté sunnite et des condamnations internationales.

Un couvre-feu a été imposé à Bagdad et dans les régions situées au nord de la capitale où se trouve Samarra, de 20heures à 6heures dès jeudi. Les forces de sécurité ont été placées en état d'alerte maximum.

Depuis l'attaque du lieu saint chiite, au moins 80 corps de personnes tuées par balles ont été transportés à la morgue de Bagdad. Selon le comité des oulémas musulmans (sunnites), 168 mosquées ont été endommagées ou incendiées à travers l'Irak, tandis que dix imams et prédicateurs ont été tués.

A l'est de Bagdad, 47 ouvriers ont été interceptés par des hommes armés. Employés d'une briqueterie, sunnites et chiites, ils ont été contraints de descendre de leurs minibus et tués, et leurs véhicules ont été incendiés, selon un proche d'une des victimes.

Trois journalistes tués

Trois journalistes irakiens de la chaîne satellitaire Al-Arabiya basée à Dubaï, qui se sont rendus à Samarra, ont été enlevés mercredi soir au nord de la ville et leurs corps ont été retrouvés jeudi. Il s'agit de la présentatrice Atwar Bahjat, du cameraman Adnane Abdallah et du preneur de son Khaled Mohsen.

Le président irakien Jalal Talabani a convoqué les principaux chefs politiques pour prendre des mesures afin d'éviter un conflit confessionnel, mais la principale liste sunnite, le Front de la Concorde, a refusé de s'y rendre, pour marquer sa colère face aux attaques visant sa communauté.