Le projet de Déclaration finale a été adopté par acclamation mardi après-midi au lieu de vendredi, dernier jour de la Conférence devant assurer le suivi de celle organisée à Durban (Afrique du Sud) en 2001.

Après l’acclamation des participants, le président de la conférence Amos Wako a déclaré le document adopté et salué une «décision capitale».

«Les diplomates ont décidé d’accélérer le processus (d’adoption) pour empêcher d’autres pays de succomber à la tentation de partir après le tollé de lundi», a expliqué un diplomate sud-américain sous couvert de l’anonymat.

«Il y avait des craintes que d’autres pays se retirent mais il y a eu une volonté de tous les pays de dire à la communauté internationale que nous ne voulions laisser quiconque de faire dévier la conférence de son but originel», a également commenté l’ambassadeur égyptien Hisham Badr.

La Conférence a en effet démarré dans une ambiance de tollé en raison des diatribes anti-israéliennes du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui ont provoqué le départ de la salle des 23 pays européens présents.

Craignant ces dérapages, plusieurs pays avaient, avant même son ouverture, décidé de ne pas participer à la réunion. Lundi soir, la République tchèque qui assure la présidence tournante de l’Union européenne s’était ajoutée à la liste des défections, rejoignant les Etats-Unis, Israël, l’Australie, le Canada, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Pologne.

L’ONU a multiplié les efforts mardi pour tenter de recoller les morceaux après cette première journée désastreuse et insisté sur l’importance de l’adoption d’un texte qui avait obtenu un large consensus lors de la dernière réunion préparatoire vendredi.

La Haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme Navanethem Pillay avait appelé lundi les Etats à ne pas laisser le président iranien torpiller la Conférence, soulignant que son discours «n’avait rien à voir avec le fond de la conférence et ne devrait donc également en rien compromettre son résultat».

Elle avait souligné que «189 Etats s’étaient mis d’accord par consensus vendredi dernier sur un projet de déclaration finale» après des mois de discussions.

L’adoption mardi de la déclaration finale montre que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui voulait en faire une «tribune de la haine» a «échoué», a estimé le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.

«Le texte a été adopté, donc il (M. Ahmadinejad) a échoué», a déclaré le chef de la diplomatie française sur la chaîne France 5.

«A partir d’aujourd’hui il y a un texte de référence qui concerne les discriminations», un «texte antiraciste majeur», s’est-il félicité.