Dans cette sortie prudente de la pandémie, en tout cas en Europe, c’est une grande surprise. Le combat contre le racisme reprend une vigueur insoupçonnée. Depuis l’assassinat par la police de Minneapolis de George Floyd, la question des discriminations est redevenue centrale.

Le fait que le mouvement d’indignation soit né dans le contexte explosif américain, alors que la pandémie a frappé de façon démesurée les minorités et que les Etats-Unis sont entrés dans une campagne électorale explosive avec un Donald Trump soufflant sur les braises, n’est pas surprenant. Sa propagation planétaire l’est bien davantage.

Cette mobilisation globale s’explique par la force insoutenable des images de l’agonie de George Floyd sous le genou d’un policier américain. Les réseaux sociaux ont évidemment contribué à la viralité de ce meurtre et aux mobilisations qui ont suivi.

Outre-Atlantique, les violences policières contre les minorités sont tristement banales, y compris sous l’ancien président Barack Obama, pourtant le premier Noir à la tête des Etats-Unis.


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Si les mobilisations nées aux Etats-Unis ont un tel écho, c’est aussi à cause du Covid-19. La pandémie a creusé les inégalités de nos sociétés. Ce sont des travailleurs issus de l’immigration qui sont restés en première ligne pour assurer des services essentiels comme le nettoyage ou les livraisons à domicile. Les mesures de confinement ont aussi provoqué leur lot d’abus policiers à travers le monde. Alors que le pic de la pandémie est passé dans de nombreux pays, la marmite s’entrouvre.

Enfin, il est frappant de constater que les jeunes forment le gros des rassemblements contre le racisme, comme les 10 000 manifestants à Genève ce mardi. La jeunesse helvétique s’était mobilisée pour le climat ces derniers mois. Les nouveaux activistes sont avides de ressortir pour faire entendre leur voix à la fin de ce printemps escamoté.

Nous verrons où mènera ce déconfinement contre le racisme. L’avenir du mouvement dépendra de la continuation de sa diversité, pour ne pas se laisser enfermer dans le sectarisme. Car le combat contre le racisme, tout comme celui pour l’égalité des sexes, concerne chacune et chacun d’entre nous. Qui peut, en effet, affirmer qu’il n’est pas influencé par des préjugés raciaux?