Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen: les sept pays que l’administration Trump trouve aujourd’hui suffisamment inquiétants pour interdire à leurs ressortissants l’accès des Etats-Unis ont un point commun: ils ont tous été agressés de manière lourde et répétée, dans la période récente, par l’armée ou les services secrets américains, qui ont renversé leurs gouvernements, bombardé leurs populations ou frappé leurs infrastructures, quand ils n’ont pas purement et simplement envahi leurs territoires.

Irak. De George H. W. Bush à Barack Obama, les quatre derniers présidents américains ont bombardé l’Irak. Trois d’entre eux lui ont parallèlement imposé un embargo particulièrement sévère, qui, s’il a épargné ses dirigeants, a frappé durement sa population. L’invasion américaine de 2003 a conduit ensuite à une implosion de la société irakienne et à l’explosion du djihadisme, qui s’est manifestée par l’apparition d’un nouveau mouvement particulièrement virulent, l’Etat islamique. Deux événements qui valent à ce pays autrefois prospère un état de guerre constant depuis plus de treize ans.

Iran. Des sept pays figurant sur la liste noire de Donald Trump, l’Iran est le seul à ne pas avoir été attaqué militairement par les Etats-Unis. Il n’en a pas moins profondément souffert de diverses interventions américaines, à commencer par le renversement du premier chef de gouvernement démocratiquement élu de l’histoire du pays, Mohammad Mossadegh, par la CIA en 1953. Un quart de siècle plus tard, lorsque le régime pro-américain du Chah Mohammad Reza Pahlavi a été remplacé par un régime théocratique anti-occidental, Washington s’est employé à le renverser par la force, en soutenant notamment la guerre particulièrement sanglante que l’Irak laïc lui a menée pendant une décennie.

Libye. Le territoire libyen est une cible récurrente de Washington. Les Etats-Unis y ont conduit en 1986 une série de frappes meurtrières qui a culminé par l’attaque de la résidence de l’homme fort du pays, Mouammar Kadhafi. Un quart de siècle plus tard, ils ont profité des «Printemps arabes» pour donner le coup de grâce au régime du colonel. Il s’est ensuivi un chaos général, qui a profité aux bandes armées les plus diverses, dont l’Etat islamique, matraqué à son tour par l’US Air Force.

Somalie. Les Etats-Unis frappent régulièrement la Somalie depuis une dizaine d’années, que ce soit au moyen de bombardiers lourds ou de drones armés. Ils ont parallèlement soutenu l’invasion du pays par l’armée éthiopienne en 2006-2007 dans le but de terrasser la mouvance djihadiste, représentée à l’époque par l’Union des tribunaux islamiques. Ils poursuivent aujourd’hui leur guerre contre une nouvelle milice, plus déterminée encore, celle des Shebab.

Soudan. Devenu l’un des principaux sanctuaires de l’islamisme radical au début des années 1990, le Soudan n’a pas hésité à donner refuge à Oussama ben Laden. Cela lui a valu des représailles américaines, le bombardement d’une usine pharmaceutique, à la suite des sanglants attentats perpétrés par Al-Qaida contre les ambassades des Etats-Unis à Nairobi et à Dar el-Salam en 1998. Le pays est resté depuis sur la liste noire de Washington, qui a contribué de manière décisive à sa partition en 2011.

Syrie. Washington s’est mêlé très tôt à la guerre civile syrienne en demandant dès août 2011 le départ du président Bachar el-Assad, puis en soutenant de manière toujours plus résolue des groupes rebelles. Ils ont par ailleurs lancé en 2014 une campagne de frappes aériennes contre les positions de l’Etat islamique dans le centre et l’est du pays.

Yémen. Le Yémen a constitué ces dernières années l’un des principaux terrains de la guerre des drones menées par l’administration Obama contre Al-Qaida. Si la campagne a été présentée comme très ciblée, elle a causé en réalité la mort de nombreux civils. Dans la nuit de samedi à dimanche, le pays a été le théâtre de la première opération militaire de l’administration Trump: un raid contre un village de la province d’Al-Baida, connue pour abriter de nombreuses bases djihadistes.


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