La défense antiaérienne de l'armée syrienne est entrée en action, lundi soir, contre des raids dans le sud du pays revendiqués par Israël, a rapporté l'agence de presse officielle syrienne Sana. «A 22 h 40 aujourd'hui (21 h 40 en Suisse), des hélicoptères de l'ennemi israélien ont lancé des rafales de roquettes sur certaines de nos positions (...) vers Qouneitra», a indiqué Sana citant une source militaire, qui a fait état uniquement de «dégâts matériels».

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé les «raids israéliens» sur la province de Qouneitra, sans être en mesure de préciser si les frappes ont tué des soldats syriens ou des combattants alliés.

La ville de Boukamal, dans le nord-est du pays près de la frontière irakienne, a également été prise pour cible par des missiles israéliens, a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

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Une violation de la souveraineté israélienne

Fait rare, Israël a revendiqué lundi soir les frappes sur Qouneitra, en représailles à des «tentatives» de placer des bombes artisanales le long de sa frontière contestée avec la Syrie. Dimanche soir, l'armée israélienne avait tué quatre «terroristes» qui posaient selon elle des explosifs près d'une barrière de sécurité le long de la partie du Golan syrien occupée par Israël. Ces hommes non identifiés «se trouvaient en territoire israélien mais au-delà de la barrière» et ont été attaqués par une unité israélienne, sous la couverture de snipers et de raids aériens, avait indiqué le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

«En réponse (à cette tentative), les jets de combat, des hélicoptères d'attaques et des avions des forces armées israéliennes ont frappé des cibles militaires dans le sud de la Syrie qui appartiennent aux forces armées syriennes», a annoncé dans un communiqué l'armée israélienne.

«Les cibles frappées comprennent des postes d'observation et des systèmes de collection de renseignement, des installations anti-aériennes et des systèmes de contrôles dans des bases des forces armées syriennes», a poursuivi l'armée israélienne dans cette rare admission de frappes aériennes en Syrie.

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«Les Forces armées israéliennes tiennent le gouvernement syrien responsable de toutes les activités sur le sol syrien et continueront à agir avec détermination contre toutes les violations de la souveraineté israélienne», a poursuivi l'armée sans plus de détails sur ces frappes aériennes.

Un «second front» du Hezbollah évoqué

Depuis le début en 2011 du conflit en Syrie, Israël a mené de nombreux raids contre les forces du régime mais aussi contre ses alliés, l'Iran et le Hezbollah libanais, des ennemis de l'Etat hébreu. L'Etat hébreu, qui confirme rarement ses opérations en Syrie, martèle régulièrement qu'il ne laissera pas la Syrie devenir la tête de pont de Téhéran.

Les frappes imputées à Israël ou revendiquées par l'armée israélienne visent régulièrement en Syrie des positions où sont stationnées des forces iraniennes ou des combattants du Hezbollah, faisant parfois des morts.

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Des responsables militaires israéliens ont récemment évoqué un «second front» du Hezbollah, mouvement chiite libanais allié de Téhéran, dans le Golan syrien.

L'armée israélienne avait d'ailleurs déployé en juillet de nouveaux renforts le long de sa frontière nord, au carrefour du Liban et de la Syrie, soutenant avoir «élevé son niveau de préparation contre diverses actions ennemies potentielles».