Un silence assourdissant. A l’exception d’Emmanuel Macron, défenseur zélé d’un pilier européen de défense au sein de l’Alliance atlantique, aucun autre chef d’Etat ou de gouvernement n’est venu, sur ce sujet, à son secours lors du 70e anniversaire de l’OTAN à Watford, près de Londres. Difficile, dans ces conditions, d’être optimiste pour les discussions budgétaires en cours pour le futur Fonds européen de la défense… Dès le prochain sommet de Bruxelles, les 12 et 13 décembre, la Finlande – actuelle présidente tournante de l’UE – va d’ailleurs proposer de réduire sa voilure dans le projet de budget 2021-2027. Ce que le président français a par avance rejeté: «Qui croit à l’Europe doit croire à la protection de ses membres par eux-mêmes, et nous avons besoin pour cela d’une ambition budgétaire. Je ne soutiendrai pas un budget qui ne serait pas au rendez-vous.»

Une Europe démunie, voire impuissante face aux Etats-Unis? Sur le papier, les chiffres avancés par le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg disent pourtant le contraire. Sous les pressions de Donald Trump, 130 milliards d’euros supplémentaires ont été dépensés par les alliés pour leur défense en 2018, et 400 milliards devraient être investis d’ici à 2024. Ce ne sont donc pas les moyens militaires qui manquent. Et le premier ministre britannique Boris Johnson s’en est félicité, jugeant que cette alliance est la «plus performante de l’histoire» grâce à «ses principes de solidarité et de défense mutuelle». «Tous les pays membres, en particulier les Européens, se sont engagés. C’est une très bonne nouvelle», a poursuivi l’actuel locataire du 10 Downing Street, à quelques jours des législatives du 12 décembre.