Les adeptes des solutions simplistes verront dans la décision de Barack Obama un échec de sa politique visant à mettre fin à la plus longue guerre jamais menée par les États-Unis. Les faucons maximalistes la considéreront comme un exemple supplémentaire du retrait partiel de la puissance américaine de la scène internationale. Depuis plusieurs années une question récurrente demeure: si, depuis le 11 septembre 2001, plus de 100 000 soldats américains et internationaux ne sont pas parvenus à pacifier et à stabiliser le pays, à quoi bon rester? Les femmes qui fuient ces jours-ci Kunduz dans la nuit afghane de peur d’être victimes de la barbarie des talibans ont sans doute une réponse toute prête.

C’est un fait indéniable: malgré les dizaines de milliards investis par Washington, les forces afghanes n’ont pas les moyens humains et matériels de contenir désormais deux menaces: celle des talibans et celle, plus récente, des djihadistes de l’État islamique auxquels se rallient des groupuscules talibans. Si aucune réponse purement militaire ne résoudra le problème afghan, une présence américaine et surtout internationale demeure nécessaire. Une chute de Kaboul provoquée par les talibans ou par les djihadistes de Daech serait particulièrement mal venue à un moment où l’Irak et la Syrie sombrent dans les abîmes. Elle serait d’autant plus dangereuse que le Pakistan voisin, puissance nucléaire, reste très instable et très ambigu quant à sa volonté de combattre l’islamisme radical.

Dans ce contexte, le choix de Barack Obama est un compromis entre les impératifs sécuritaires relevés par le général John Campbell et la volonté politique de montrer aux Américains qu’il ne s’agit pas de s’engager dans une nouvelle aventure guerrière. Le président démocrate doit se rendre à l’évidence: il n’est pas possible de solder une fois pour toutes la question afghane. Est-ce la bonne solution? En quatorze ans, tout a été dit sur les stratégies à adopter. Aujourd’hui, on dit aux Afghans qu’on ne les oublie pas. Mais en aucun cas, on leur promet la fin du cauchemar.