D’abord, 3,3 millions, puis 6,8 millions et maintenant 6,6 millions. En trois semaines, les nouvelles inscriptions au chômage, effet collatéral du coronavirus et des mesures de confinement, ont explosé aux Etats-Unis. Jamais auparavant, des chiffres aussi élevés n’avaient été atteints. Au plus fort de la crise financière de 2008, 665 000 Américains avaient demandé des allocations chômage en une semaine.

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La Californie et New York surtout

Ces nouveaux chiffres, annoncés jeudi par le Département du travail américain, confirment une tendance inquiétante, pour la troisième semaine consécutive. Les trois Etats les plus touchés sont la Californie, New York et le Michigan. Presque tous les secteurs d’activité sont concernés. Les prévisions sont des plus pessimistes: alors que le taux de chômage était de 3,5% en février – le niveau le plus bas depuis 50 ans –, il pourrait déjà atteindre les 15% à la fin du mois. La Réserve fédérale de Saint-Louis va jusqu’à évoquer à terme la suppression de 47 millions d’emplois, soit un taux de chômage à 32%. «C’est comme si l’économie dans son ensemble était soudainement tombée dans un trou noir», relève l’économiste Kathy Bostjancic, d’Oxford Economics, au New York Times.

C’est jeudi également que la Réserve fédérale américaine a annoncé 2300 milliards de dollars de nouveaux prêts pour relancer l’économie, dont 600 milliards pour les entreprises employant jusqu’à 10 000 personnes, ou avec un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de dollars en 2019. A condition qu’elles fassent des efforts «raisonnables» pour éviter des licenciements. Une autre enveloppe, de 350 milliards, concerne les sociétés de 500 employés ou moins. Président de la Fed, Jerome Powell a promis une «reprise aussi vigoureuse que possible», tout en qualifiant la vitesse à laquelle le taux de chômage augmente d’«alarmante». Il estime toutefois que la crise actuelle produira des effets «moins durables» que celle de 2008.

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Des indemnités étendues

Le plan de relance de 2200 milliards de dollars avalisé par le Congrès comprend bien sûr des mesures pour directement soulager les chômeurs. Non seulement les Américains avec un revenu imposable de moins de 75 000 dollars recevront un chèque de 1200 dollars chacun, mais les indemnités chômage seront étendues. Les chômeurs recevront 600 dollars de plus par semaine pendant quatre mois, une somme à laquelle pourront également prétendre les indépendants et travailleurs à temps partiel, ce qui est une grande nouveauté. Des discussions ont cours au Congrès pour adopter des mesures supplémentaires. Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, espère notamment obtenir une enveloppe supplémentaire de 250 milliards pour aider les PME, un plan qui fait l’objet de batailles entre républicains et démocrates.

A ce chiffre de 16,7 millions de nouveaux chômeurs dans un pays où les entreprises ne connaissent quasiment pas le chômage partiel, il faut encore ajouter tous ceux, sans emploi, qui ne peuvent pas prétendre aux allocations. De quoi noircir encore plus le tableau.


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