Le jeune activiste togolais Kevin Ossah a lancé une campagne de récolte de fonds pour aller à Glasgow, la première fois qu’il participera à une COP. Pour l’instant, il a rassemblé de quoi payer le billet d’avion. Il verra sur place pour le reste des frais, en espérant d’autres donateurs. «Je veux porter la voix de la jeunesse francophone. Nous sommes très peu entendus», dit-il au téléphone depuis Accra, au Ghana, où se trouve l’ambassade britannique la plus proche où déposer une demande de visa. Avec le Brexit, plus possible de passer par les représentations européennes.

Pour la société civile, la participation à la COP26 en Ecosse a tout du parcours du combattant. A tel point que 1500 ONG ont réclamé un report de la conférence début décembre, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour que des délégués du monde entier puissent participer.

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Ce coup de gueule a porté ses fruits. Le gouvernement britannique a retiré jeudi 28 octobre les sept derniers pays de sa liste rouge restreignant aux seuls résidents ou ressortissants la possibilité d’entrer en Angleterre sans effectuer une coûteuse quarantaine. Londres a promis aussi de vacciner tous ceux désirant participer à la COP. La vaccination contre le covid est indispensable pour entrer au Royaume-Uni et les pays du Sud connaissent des couvertures vaccinales dérisoires.

Rôle d’aiguillon

Malgré ces avancées, les incertitudes risquent de miner la participation des ONG, pourtant indispensables pour aiguillonner les Etats afin de parvenir à un accord ambitieux. «Nous aurons deux fois moins d’accréditations à Glasgow qu’à Madrid lors de la précédente COP», pointe Hala Kilani, porte-parole du réseau Climate Action Network, qui avait appelé à un report de la COP. L’activiste estime que les coûts d’une participation peuvent atteindre 6000 francs pour les délégués des pays du Sud.

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Kevin Ossah est loin d’avoir réuni cette somme. Il voit sa participation à la COP26 comme un investissement. «Le Togo est un petit pays qui a de la peine à mobiliser les financements internationaux. Ici, il n’est pas question de manifester pour le climat. Nous risquerions d’être arrêtés, voire pire», relate-t-il. Pourtant, le Togo subit les effets du réchauffement climatique. «L’érosion côtière est très forte. Dans certaines régions, l’océan gagne jusqu’à 25 mètres par année. Les habitants doivent partir. Les solutions doivent venir des communautés, il faut les soutenir, plutôt que faire venir des rochers de Norvège, comme le propose la Banque mondiale. Voilà pourquoi il est si important que les petits pays soient à Glasgow», plaide Kevin Ossah.