M. Ban Ki-moon a atterri à Rangoon à bord d’un avion commercial en provenance de Singapour pour une visite de deux jours durant laquelle il rencontrera normalement aujourd’hui le numéro un birman, le généralissime Than Shwe, pour une mission que lui-même qualifie de délicate. «C’est une mission très difficile mais, pour amener des changements en Birmanie en matière de réconciliation politique et de démocratisation, nous devons faire de notre mieux», a-t-il déclaré à des journalistes jeudi soir à Singapour.

M. Ban a affirmé qu’il souhaitait rencontrer Mme Suu Kyi mais qu’il n’avait encore aucune certitude de pouvoir le faire. «Je n’ai reçu aucune confirmation» que cette rencontre sera possible, a-t-il souligné.

Le diplomate sud-coréen a également réitéré les trois demandes essentielles qu’il compte présenter aux généraux: libération de tous les prisonniers politiques, y compris Mme Suu Kyi, reprise du dialogue entre le gouvernement et l’opposition comme élément essentiel d’un processus de réconciliation nationale, et création de conditions propices à la tenue d’élections crédibles l’an prochain.

5000 jours en prison ou en résidence surveillée

Mme Suu Kyi, 64 ans, secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et prix Nobel de la Paix, est détenue depuis le 14 mai à la prison d’Insein, au nord de Rangoon, pour avoir enfreint les règles de son assignation à résidence en recevant un Américain.

Un procès lui a été intenté et elle est passible de cinq ans de prison, mais les autorités semblent avoir ralenti le processus de jugement en raison de la véhémence des réactions internationales. Mme Suu Kyi a été privée de liberté pendant plus de 13 des 19 dernières années. Dimanche sera le 5000e jour que le Prix Nobel de la paix passera en résidence surveillée. Selon les Britanniques, en pointe dans le combat pourla démocratisation de la Birmanie, ce sont désormais 45 pays représentant 1,5 Milliard de personnes qui demandent la libération d’Aung San Suu Kyi.

Selon son avocat, le procès de l’opposante a été ajourné au 10 juillet. «Aung San Suu Kyi a exprimé sa surprise face à ce qui se passe», a-t-il dit. La justice birmane a évoqué une erreur administrative pour justifier le report du procès.

Les demandes de l’ONU

L’ONU n’a cessé d’exiger la libération de tous les prisonniers politiques en Birmanie ainsi qu’une démocratisation du système politique. Ces efforts n’ont, pour l’instant, abouti à aucun résultat tangible.

Ban Ki-moon fut le premier secrétaire général des Nations unies à se rendre en Birmanie depuis 1964, lorsqu’il avait effectué une visite historique, en mai 2008, dans le sillage du cyclone Nargis qui avait ravagé le delta de l’Irrawaddy et la région de Rangoon, faisant 138’000 morts ou disparus.