Kim Tae-Young, ministre sud-coréen de la Défense, critiqué pour la réponse de Séoul aux bombardements de Pyongyang, a présenté ce jeudi sa démission au président Lee Myung-Bak, qui l’a acceptée, a indiqué la présidence. Le ministre a souhaité démissionner «pour endosser la responsabilité d’une série récente d’incidents», a indiqué le communiqué de la présidence.

Le gouvernement sud-coréen a été la cible jeudi de critiques acerbes de la part d’une partie de la presse et d’hommes politiques, qui l’accusent de faiblesse face au Nord après le bombardement mardi par la Corée du Nord d’une île sud-coréenne. Les obus nord-coréens ont fait quatre morts. Pyongyang a tiré 170 obus visant l’île sud-coréenne de Yeonpyeong: 90 sont tombés à la mer et 80 ont semé le chaos sur l’île.

Les forces sud-coréennes ont riposté, par 80 tirs d’obus. Ce nombre a été jugé trop faible par des élus à Séoul, critiques également envers le temps de réaction de l’armée qui aurait permis aux forces de Pyongyang de réaliser deux vagues de tirs. Un ancien ministre de la Défense, Kim Jang-soo, rallié au parti politique du président Lee, a qualifié de «décevante» la réaction de l’armée et estimé, tout comme d’autres parlementaires, que les forces sud-coréennes auraient dû immédiatement engager des avions de combat, capables de neutraliser les pièces d’artillerie nord-coréennes.

Mais le ministre Kim Tae-Young lui a alors répondu que des attaques aériennes auraient pu déclencher «la guerre totale». Kim Tae-Young s’était déjà retrouvé sous le feu des critiques après le torpillage, attribué à Pyongyang, d’une corvette sud-coréenne, qui avait fait 46 morts en mars 2010. Une enquête avait pointé du doigt une série d’erreurs militaires.

Parallèlement, la Corée du Sud a annoncé jeudi qu’elle allait adopter des «mesures nécessaires» pour «renforcer la sécurité nationale» et réagir de façon plus ferme en cas d’agression armée de la Corée du Nord.

Séoul promet d’agir plus fermement

«Nous ne baisserons jamais la garde et nous nous préparerons à la possibilité d’une quelconque provocation par la Corée du Nord», a déclaré le président sud-coréen Lee Myung-Bak, lors d’une réunion d’urgence sur la sécurité, selon le bureau présidentiel. «Les règles d’engagement (militaire en cas d’attaque ennemie, Ndlr), qui sont considérées comme relativement passives, vont être complètement révisées», a indiqué par ailleurs dans un communiqué la présidence sud-coréenne.

Les ripostes vont par exemple être redéfinies en fonction de ce que la cible des attaques nord-coréennes est civile ou militaire.

Les troupes de terrain seront renforcées «de manière drastique», y compris celles stationnées sur les cinq îles de la mer Jaune au nord-ouest de la Corée du Sud, a ajouté le bureau. La présidence va également annuler un plan de réduction du corps des Marines, adopté en 2006.