«Nous sommes finalement parvenus à un accord», a annoncé le numéro deux du PDJ (centre-gauche), Katsuya Okada, à l’issue d’une nouvelle séance de discussion ce mercredi entre son mouvement, le Parti Social-Démocrate (PSD, gauche) et le Nouveau Parti du Peuple (NPP, droite). Les présidents des trois mouvements devraient formellement signer leur plate-forme commune lors d’une réunion prévue à 17H30 (10h30 heure suisse), ont indiqué des responsable des mouvements. «Cela a pris du temps mais nous avons pu conclure un bon accord tourné vers l’avenir», s’est réjoui M. Okada, pressenti comme futur ministre des Affaires étrangères.

Divergences sur la présence militaire américaine

Le mouvement de centre-gauche est majoritaire à lui seul à la Chambre des députés qui va élire le président du PDJ, Yukio Hatoyama, Premier ministre du Japon le 16 septembre. Mais il a besoin du soutien des deux autres partis pour s’assurer une majorité stable au Sénat.

Les négociations se sont ouvertes il y a une semaine, après la large victoire aux législatives du PDJ qui a battu le Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) au pouvoir dans l’archipel depuis 54 ans quasiment sans interruption. Mais elles ont traîné à cause de divergences à propos de la présence militaire des Etats-Unis dans l’île d’Okinawa (sud), où sont stationnés plus de la moitié des 47’000 soldats américains postés au Japon au nom d’un traité de sécurité entre les deux pays.

Selon les médias, les partis se sont mis d’accord pour proposer une révision du statut des forces américaines au Japon, accusé par le PSD de donner des droits extra-territoriaux aux soldats.

Ils se sont également entendus pour «revoir le redéploiement prévu des forces militaires américaines au Japon». Ce redéploiement a été négocié entre Américains et Japonais du temps où l’ex-président George W. Bush et le PLD étaient respectivement aux commandes.

L’accord conclu à l’époque prévoit notamment le déménagement d’une base aérienne controversée située à Futenma, dans une zone urbaine très peuplée d’Okinawa, vers un autre endroit de l’île.

La formulation retenue par les partis dans leur document de compromis reprend une promesse de campagne du PDJ.

Délicates négociations à venir avec les Etats-Unis

Mais selon Hidekazu Kawai, professeur de politique à l’Université Gakushuin de Tokyo, «M. Hatoyama ne voulait pas toucher aux questions sensibles liées aux rapports entre le Japon et les Etats-Unis avant de rencontrer (le président américain) Barack Obama».

Les Etats-Unis ont prévenu dès le lendemain de la victoire du PDJ qu’ils excluaient toute renégociation du redéploiement militaire, alors que M. Hatoyama s’est engagé pendant sa campagne à mener une politique plus indépendante vis-à-vis de l’allié américain.

Le PDJ «s’ajuste à la realpolitik, dans l’habituel changement des partis d’opposition devenant majoritaires», estime M. Kawai.

Partisan d’une réduction du fardeau pesant sur Okinawa, le PSD avait averti mercredi en début de journée qu’il considérait «la question d’Okinawa comme prioritaire».

La population de l’île vit mal la présence des troupes et une série de viols commis par des soldats américains a défrayé la chronique l’an passé.