Et voilà que reviennent les spéculations sur un «dream ticket», ce ticket de rêve qui verrait Barack Obama et Hillary Clinton partir main dans la main à la conquête de la Maison-Blanche. Alors que les pressions s'accroissent sur la candidate de New York pour qu'elle abandonne la partie, ce sont même plus que des spéculations: de sa propre initiative, un groupe de responsables démocrates travaille activement à essayer de concrétiser ce rêve. Un seul problème: les deux rivaux démocrates n'y croient pas. Et il n'est d'ailleurs pas certain que le choix d'Hillary Clinton comme vice-présidente soit aujourd'hui le meilleur qui s'offre au favori Obama.

Culmination des espérances

La perspective d'un «dream ticket» était déjà dans tous les esprits il y a quelques mois: le fait de conjuguer la force de frappe de Clinton et le pouvoir magnétisant de son rival apparaissait alors comme une culmination des espérances. Mais aujourd'hui, alors que se sont accumulées les divisions et les rancœurs, ce serait plutôt un moyen de sauver les meubles. A la sortie des urnes de l'Indiana, un grand nombre d'électeurs d'Hillary avouaient qu'ils préféreraient voter pour le républicain John McCain plutôt que pour Obama si celui-ci finissait par devenir le nominé démocrate.

Pour Hillary Clinton, qui tarde à reconnaître sa défaite, il n'est bien sûr pas question de se contenter de devenir la «numéro deux», un rôle qu'elle a au demeurant déjà tenu officieusement pendant huit ans à l'ombre de son mari. Quant à Obama, même si ce «ticket» lui permettrait de conquérir une partie du vote qui lui échappe (les femmes blanches, les travailleurs à bas revenus, les électeurs âgés...), il jouerait gros en optant pour Clinton. Non seulement se tourneraient contre lui les «Hillary haters», comme on surnomme les légions d'ennemis que suscite la candidate, mais en plus ce serait toute la famille Clinton qu'il emmènerait à la Maison-Blanche, y compris Bill, bien entendu. Un départ problématique pour celui qui n'a cessé de prôner le «changement» et de proclamer sa volonté de faire table rase du passé.