Lors de l'incendie du 15 avril 2019, la flèche de la cathédrale emblématique de Paris était en restauration. L'échafaudage avait été déformé par la chaleur du brasier et les pièces soudées entre elles. Sa dépose avait débuté le 8 juin et aura duré moins de six mois. Constitué de 40 000 pièces d'un poids de 200 tonnes, dont la moitié à plus de 40 mètres de haut, il représentait une grave menace pour ce joyau de l'art gothique.

Le démontage s'est achevé mardi en présence de la ministre française de la Culture, Roselyne Bachelot, qui a assuré que le chantier de restauration serait «terminé pour 2024» et qu'«on chantera un Te Deum» dans la cathédrale restaurée.

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Dernières étapes de sécurisation

«La menace que représentait cet échafaudage pour la cathédrale est désormais levée. Nous allons pouvoir nous atteler aux dernières étapes de la sécurisation», a déclaré le général Jean-Louis Georgelin, président de l'établissement public, remerciant «les échafaudeurs, cordistes, nacellistes et grutiers qui ont travaillé sans relâche pour mener à bien cette opération».

Avant la dépose, des capteurs ont d'abord été posées pour que les travaux puissent se dérouler en toute sécurité, puis l'échafaudage a été ceinturé de poutres métalliques sur trois niveaux pour le stabiliser et empêcher tout écroulement. La structure a ensuite été encadrée par un deuxième échafaudage afin d'installer des poutres métalliques, pour permettre à des cordistes d'opérer.

Le protocole prévoyait que les échafaudeurs démontent les parties accessibles à l'aide d'une nacelle, tandis que les cordistes descendaient au plus près des parties calcinées pour découper les tubes, à l'aide de scies sabres. Les pièces ont été évacuées grâce à une grue de 80 mètres.

«On aura tiré d'un mal un bien»

Mi-août, la mission des cordistes s'est terminée et les échafaudeurs ont pu prendre le relais pour terminer l'opération. Aucune nacelle ne pouvant être levée lorsque le vent soufflait au-dessus de 36 km/h, un fonctionnement en 2x8 a été mis en place pour accélérer les dernières opérations réalisées à l'automne.

Fin octobre, l'échafaudage a été séparé en quatre ensembles stables et indépendants, rendant possible le dégagement d'une grande poutre suspendue au-dessus de la croisée du transept, qui menaçait de tomber. Avant la restauration proprement dite, il va falloir évacuer les gravats et sécuriser les voutes, puis les consolider, colmater les brèches.

Outre la flèche de Viollet-Le-Duc qui sera reconstruite à l'identique, les fresques des 28 chapelles latérales devront être nettoyées. «Toute la cathédrale aura un éclat nouveau. On aura tiré d'un mal un bien», assure l'architecte Philippe Villeneuve, qui dirige le triumvirat des architectes.