Le départ du patron de Scotland Yard Paul Stephenson «montre que la crise se propage maintenant aux médias, à la politique et la police», estime le «Guardian» (gauche) dans son éditorial, ajoutant que «maintenant le Premier ministre se trouve vraiment sur la sellette».

Le «Daily Telegraph» (centre droit) prédit des temps durs à venir pour Cameron. «Loin de faire baisser la pression sur David Cameron, le départ de Sir Paul l’augmente», juge le quotidien.

»Depuis que M. Cameron a fait la fatale erreur de nommer Andy Coulson (ndlr: son ancien directeur de la communication, qui avait été auparavant rédacteur chez «News of the World, le titre incriminé pour avoir mené des écoutes) il a commencé à être mouillé dans cette ténébreuse affaire. Il n’y a pas de signe que cela cesse «, ajoute le «Daily Telegraph».

De son côté, le Daily Mail (conservateur) titre en une «Désintégration de la police londonienne», tandis que que le «Times», propriété de Murdoch, estime que Stephenson «avait raison de démissionner», mais que la police «a un long chemin à faire pour regagner la confiance du public».

«Terrifiant»

Le quotidien juge «terrifiant» que ce scandale se soit propagé à la police. «La police, en tant que dépositaire de la force au sein de l’Etat, est tenue d’avoir la confiance du public comme aucune autre institution. «Sir Paul a pris un bon départ (en démissionnant) mais il est peu probable que ce soit la fin de l’affaire».

Le Premier ministre britannique David Cameron est arrivé lundi matin comme prévu en Afrique du Sud pour une visite de travail, malgré la tempête politique provoquée à Londres par le scandale des écoutes. David Cameron a appris la nouvelle de la démission une heure avant de prendre l’avion.

Ce voyage, qui doit comporter une escale au Nigeria mardi, est consacré aux questions commerciales.

Voyage écourté

Il devait initialement durer cinq jours et le conduire également au Rwanda et au Soudan du Sud, mais M. Cameron l’a écourté en raison de l’affaire des écoutes pratiquées par «le News of the World», le tabloïde du groupe News Corp. du magnat Rupert Murdoch.

Le Premier ministre, qui est accompagné d’une importante délégation de 25 hommes d’affaires, devait notamment s’entretenir avec le président sud-africain Jacob Zuma. Les deux hommes devraient en particulier parler de la crise libyenne. Une rencontre avec le prix Nobel de la paix Desmond Tutu est aussi au programme.