L'ambassadeur de Chine au Royaume-Uni, Liu Xiaoming, a exhorté samedi Londres à renoncer à son projet de déployer un porte-avions dans le Pacifique, en soulignant qu'il s'agirait d'une «démarche très dangereuse» risquant d'envenimer davantage les relations déjà crispées entre les deux pays.

Exercices militaires

«Après le Brexit», réalisé fin janvier avec la sortie des Britanniques de l'Union européenne, «je pense que le Royaume-Uni veut toujours jouer un rôle important dans le monde», a déclaré Liu Xiaoming dans une interview au quotidien The Times., «Ce n'est pas la manière de jouer un rôle important», a-t-il ajouté, mettant Londres en garde de ne pas «s'allier avec les Etats-Unis» contre la Chine. Le Times avait indiqué cette semaine que le Royaume-Uni envisageait de baser le HMS Queen Elizabeth «en Extrême-Orient» dans le cadre d'une alliance internationale visant à contrer la Chine. Le porte-avions y participerait à des exercices militaires avec le Japon et les Etats-Unis.

Les relations entre Londres et Pékin se sont fortement tendues depuis l'imposition par la Chine de sa loi de sécurité nationale à Hong Kong et l'exclusion par le Royaume-Uni du géant chinois des équipements télécoms Huawei de son réseau 5G, après des mois de pression de Washington. Cette exclusion de Huawei entraînera un tarissement des investissements chinois au Royaume-Uni, a prévenu Liu Xiaoming.

Le contentieux de Hongkong

Le Royaume-Uni a aussi dénoncé comme une violation manifeste" de l'autonomie de Hongkong la loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine à l'ancienne colonie britannique, qui prévoit de punir les activités séparatistes, "terroristes", la subversion et les ingérences étrangères dans le territoire autonome chinois.

En réaction, il a promis d'étendre les droits à l'immigration, et à terme l'accès à la citoyenneté britannique, pour des millions d'habitants du territoire, une mesure dénoncée par Pékin comme une «ingérence grossière» dans ses affaires intérieures. Le militant hongkongais pro-démocratie Nathan Law a expliqué au Times s'être exilé à Londres après l'entrée en vigueur de cette loi pour «préserver une voix en dehors de Hongkong qui peut parler librement au nom du peuple hongkongais», une «démarche stratégique» pour le mouvement pro-démocratie plutôt qu'«un choix personnel».

«A Hongkong, les gens n'ont plus de liberté d'expression et risquent intimidation, détention arbitraire et recours arbitraire à la force par la police», a-t-il ajouté. «Mon existence est un avertissement (...) que le Hong Kong que nous connaissions est fini».