Devant la grogne populaire, les députés du Bundestag n'ont finalement pas eu le courage de voter leur propre augmentation de salaire. Deux semaines seulement après que les groupes parlementaires de la CDU et du SPD ont décidé de procéder à une augmentation de leurs indemnités de 820 euros, par paliers, jusqu'en euros 2010, leurs présidents ont dû annoncer mardi que finalement le projet serait retiré de l'ordre du jour du Bundestag. Cette retraite précipitée ne va pas améliorer l'image des parlementaires, auxquels seuls 22% des Allemands disaient faire pleinement confiance, selon un sondage paru en avril.

Colère des électeurs

En fait, cela renâclait surtout dans les rangs du SPD. Les députés sociaux-démocrates, en recul dans les intentions de vote, ont pu mesurer le fort mécontentement de leurs électeurs lors de leur retour dans leur circonscription, à Pentecôte. C'est que le Bundestag s'était déjà octroyé une première augmentation de 429 euros à la fin de l'année 2007, dans le cadre de l'adaptation des salaires de la fonction publique. La deuxième tranche devait leur permettre d'élever leurs indemnités au niveau des salaires des juges fédéraux et des bourgmestres, pour atteindre 8159 euros en 2010. En trois ans, les députés se seraient ainsi accordé une hausse de 15%, ce qui avait suscité un fort mécontentement dans l'opinion; 84% des Allemands trouvaient cela injustifié.

L'indemnité mensuelle d'un député est de 7339 euros, auxquels s'ajoutent un forfait de 3782 euros pour les frais et 13660 euros pour payer leurs collaborateurs. Les députés bénéficient aussi d'un bureau à Berlin. Mais ils disposent surtout d'une caisse de pension très généreuse, jusqu'à 67% de leurs indemnités, dont la cotisation est entièrement payée par l'Etat. Voilà qui a indigné l'opinion publique, en plein débat sur l'avenir des retraites populaires.