Venezuela

Des députés vénézuéliens poursuivis pour leur soutien au soulèvement raté de Juan Guaido

La Cour suprême a ordonné que six députés soient poursuivis pour «haute trahison» et «conspiration». L'Assemblée constituante va, elle, examiner la levée de leur immunité parlementaire

Le pouvoir chaviste a décidé de se déplacer sur le terrain judiciaire, une semaine tout juste après le soulèvement raté auquel avait appelé Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis. Sept députés de l'opposition vénézuélienne vont faire l'objet de poursuites pénales pour leur soutien à Juan Guaido lors de son appel au soulèvement contre Nicolas Maduro.

Le déclenchement de «poursuites pénales» à l'encontre des sept parlementaires d'opposition s'est fait en deux temps mardi. La Cour suprême, que l'opposition accuse d'être pieds et poings liés au pouvoir chaviste, a d'abord ordonné que six d'entre eux soient poursuivis pour «haute trahison» et «conspiration», entre autres chefs. Elle a ensuite remis leurs dossiers au parquet général pour instruction et à l'Assemblée constituante pour qu'elle examine la levée de leur immunité parlementaire.

La première réaction de Juan Guaido à cette décision est intervenue lors d'une séance de l'Assemblée nationale qu'il préside et qui est dominée par l'opposition. «La seule réponse de ce régime c'est de poursuivre. Il ne gouverne plus, car il n'a plus les commandes», a-t-il dit.

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La levée des immunités

En début de soirée, la Constituante, uniquement constituée de fidèles de Nicolas Maduro, a ensuite décidé de défaire de leur immunité les six députés: Henry Ramos Allup, Luis Florido, Marianela Magallanes, Simon Calzadilla, Amerigo De Grazia et Richard Blanco.

A ces six noms s'est ajouté celui d'Edgar Zambrano, contre lequel la Cour suprême avait déjà décidé que des poursuites seraient engagées la semaine dernière.

«Que chacun assume ses responsabilités. Nous assumons la nôtre aujourd'hui en ouvrant la voie aux poursuites contre ceux qui ont activement participé» au soulèvement raté de mardi, a lancé Diosdado Cabello, le président de la Constituante. La Constituante avait déjà levé l'immunité de Juan Guaido en avril, considérant qu'il «usurpe» la fonction présidentielle. 

La carotte des Etats-Unis pour encourager aux défections

Et dans ce bras de fer, Juan Guaido est soutenu par les Etats-Unis. Pour tenter de déloger Nicolas Maduro du pouvoir, l'administration Trump a déjà pris toute une série de sanctions à l'encontre de hauts responsables civils et militaires. Sur cette liste figurait jusqu'à mardi le général Christopher Figuera, chef du renseignement vénézuélien. Or, pendant un discours à Washington, le vice-président américain Mike Pence a annoncé que les sanctions à son encontre étaient «immédiatement» levées à la suite de sa défection la semaine dernière.

L'idée est de pousser d'autres hauts gradés à faire défection au profit de Juan Guaido. «Les Etats-Unis envisageront de lever les sanctions pour tous ceux qui soutiennent la Constitution et l'Etat de droit», a lancé Mike Pence.

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La levée des sanctions contre cet ancien responsable du régime «met en évidence le ferme soutien de nos alliés» et «notre sérieux et notre engagement à l'égard de nos forces armées prêtes à défendre la Constitution», a tweeté Juan Guaido. Il a rappelé avoir offert des «garanties» aux militaires qui basculeraient dans son camp.

La réplique de Caracas est venue de Diosdado Cabello. Il a estimé que cette mesure «montre clairement» que les sanctions américaines contre des responsables vénézuéliens «n'ont rien à voir avec le blanchiment d'argent, le narcotrafic ou et les droits de l'homme», mais tout à voir avec une «persécution politique».

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