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Jürgen Falter, politologue à l’Université de Mainz: «C’est son dernier mandat, et à certains égards cela lui donnera une certaine liberté.»
© Ronald Wittek/EPA

Allemagne

Dernier mandat pour Angela Merkel

Angela Merkel a prêté serment mercredi pour un quatrième mandat semé d’embûches. Signe des difficultés qui l’attendent, elle n’a pas obtenu toutes les voix des députés de sa majorité pour sa réélection. La question de savoir si elle est ou non affaiblie divise dans le pays

Le compte n’y est pas. Au Bundestag mercredi, Angela Merkel n’a recueilli que 364 voix. Certes, ce sont neuf de plus que les 355 nécessaires pour être élue; mais 35 de moins que les voix cumulées de la CDU, de la CSU bavaroise et du SPD, sa majorité. «Elle a débuté [son mandat] en trébuchant», résume le magazine Der Spiegel sur son site.

En Allemagne, le bilan des six mois qui viennent de s’écouler depuis la débâcle électorale du 24 septembre, tant pour la CDU que pour le SPD, ne cesse de faire débat. La chancelière a eu le plus grand mal à trouver une majorité politique, a dû subir l’échec des négociations avec les Verts et les libéraux du FDP, et affronter la fronde dans ses rangs dans une atmosphère de fin de règne. Surtout, son parti, la CDU, a réalisé – tout comme le SPD d’ailleurs – le pire score de son histoire.

Elle quittera sans doute son poste dans deux ou trois ans. Mais certainement d’une façon qui surprendra tout le monde, et coupera l’herbe sous le pied à ses rivaux

Jürgen Falter, politologue à l’Université de Mainz

«De ce point de vue, l’assise d’Angela Merkel est ébranlée, concède Jürgen Falter, politologue à l’Université de Mainz. La CDU a subi une claque électorale liée à la politique d’accueil des réfugiés d’Angela Merkel, et ce, alors qu’elle assurait la présidence du parti. Mais tant qu’elle n’a pas annoncé quand et comment elle compte quitter le pouvoir, elle n’est pas vraiment fragilisée, car il y a trop de gens au sein de la CDU dont la carrière politique dépend d’elle. Je suis convaincu qu’elle n’achèvera pas son mandat. Elle quittera sans doute son poste dans deux ou trois ans. Mais certainement d’une façon qui surprendra tout le monde, et coupera l’herbe sous le pied à ses rivaux. Elle sera sans doute la première à organiser sa succession, ce que Kohl n’a pas voulu faire, et ce que Schröder n’a pas pu faire.»

«Une certaine liberté»

«C’est son dernier mandat, et c’est vrai qu’à certains égards cela lui donnera une certaine liberté, car elle ne sera pas soumise aux contraintes d’une réélection, estime de son côté Marcel Dirsus, politologue à l’Université de Kiel. Certains observateurs estiment qu’elle sera libre de prendre des décisions audacieuses pour l’Europe par exemple, mais je n’y crois pas, car ça ne correspond pas à son tempérament.»

Angela Merkel, en tout cas, cherchera à influencer au cours des prochaines années l’image qu’elle laissera dans l’histoire. «Elle restera certainement comme la chancelière qui a géré les crises, explique Jürgen Falter: crises de l’euro, du nucléaire avec Fukushima, des réfugiés… Mais je ne pense pas que cette image sera forcément positive. L’opinion allemande est toujours profondément divisée, entre partisans et opposants à l’accueil des réfugiés. Pendant des années encore, l’Allemagne devra gérer les conséquences de 2015 et 2016, l’intégration des réfugiés va coûter 55 milliards d’euros par an pendant des années. Le pays devra gérer des problèmes de criminalité liés aux réfugiés… Merkel restera comme celle qui a pris des décisions audacieuses. Mais pas toujours heureuses.»

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