Revigoré par un resserrement des sondages, Donald Trump a tapé mardi à bras raccourcis sur Hillary Clinton qui lui a largement rendu la pareille, à une semaine de l’élection présidentielle américaine.

La candidate démocrate reste favorite dans la course à la Maison-Blanche. Mais son adversaire républicain veut y croire, après un sondage «ABC-Washington Post» le donnant mardi à 46% des intentions de vote, contre 45% à Hillary Clinton.

«Nous allons regagner la Maison-Blanche», a-t-il assuré lors d’un meeting en soirée dans le Wisconsin, Etat traditionnellement démocrate où il rêve de créer la surprise. «Les Clinton sont le passé sordide, nous sommes l’avenir brillant», a-t-il martelé devant des milliers de supporters survoltés, scandant «enfermez-la» quand il parlait d’Hillary Clinton, qu’il a décrite comme menteuse et corrompue.

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«Nous sommes en hausse un peu partout» a aussi affirmé Donald Trump, déclarant à l’adresse des démocrates du Wisconsin que s’ils avaient voté de manière anticipée pour Donald Clinton et le regrettaient, ils pouvaient changer leur bulletin de vote.

Après la réouverture surprise par le FBI de l’affaire des e-mails de Hillary Clinton ce week-end, il a dénoncé une adversaire selon lui «confrontée à des problèmes judiciaires croissants».

L’écart se resserre entre les deux candidats

Le sondage donnant le milliardaire gagnant a glacé le camp démocrate. Le 22 octobre, les pourcentages, pour ce même sondage, étaient de 50% pour Hillary Clinton et 38% pour Donald Trump.

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D’autres enquêtes d’opinion donnent toutefois l’avantage à la démocrate, mais leur moyenne par le site Real Clear Politics ne place plus cette dernière qu’à 2,2 points devant le magnat de l’immobilier (45,3% contre 43,1%) sur le plan national. L’écart s’est aussi resserré dans plusieurs Etats-clés dont la Caroline du Nord, et Donald Trump mène désormais en Floride, dans l’Ohio et en Arizona.

Ce resserrement, et la relance par la police fédérale de l’affaire des e-mails, a forcé l’ex-secrétaire d’Etat à changer de script, en revenant aux attaques au vitriol contre Donald Trump, au lieu d’un message final visant à rassembler le pays, après une campagne particulièrement agressive qui a heurté et divisé les Américains.

Les attaques plutôt que le programme

Hillary Clinton a de nouveau fait campagne mardi en Floride, l’Etat-clé le plus important, où elle a été présentée par Alicia Machado, ancienne Miss Univers 1996, qui a raconté comment Donald Trump l’avait humiliée publiquement à l’époque pour avoir pris quelques kilos.

Hillary Clinton a fait le florilège des propos outranciers, insultants et sexistes de son adversaire. «Il a passé sa vie à dénigrer, dégrader, insulter et agresser les femmes», a-t-elle déclaré à Dade City.

«Il nous a montré qui il était vraiment. Mardi, montrons-lui qui nous sommes», a martelé Hillary Clinton, appelant inlassablement ses partisans à se rendre aux urnes dès maintenant, ce qui est possible dans la majeure partie du pays à la faveur d’un vote anticipé.

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«Rien n’indique selon nous que l’affaire du FBI ait un impact», assurait-on dans son entourage, dans l’avion qui l’emmenait en Floride, évoquant des sondages internes confidentiels. «Nous pensons toujours avoir une avance substantielle»

Une campagne éclaboussée par le scandale des e-mails d’Hillary Clinton

Reflétant la crainte des marchés d’une victoire du milliardaire populiste, Wall Street a terminé en légère baisse mardi, l’indice S&P 500 reculant de 0,7%. «Les prix du marché s’adaptent à une plus forte probabilité que Trump gagne la Maison Blanche», a analysé Jack Ablin, chez BMO Private Bank.

Hillary Clinton, grande favorite jusqu’à la semaine dernière, reste la probable prochaine présidente des Etats-Unis: elle conserve 88% de chances de gagner selon le modèle du «New York Times», et 74% selon celui du site FiveThirtyEight.

Pour l’ancienne secrétaire d’Etat, la campagne se termine comme elle avait commencé, en avril 2015, dans l’ombre de sa décision malheureuse d’utiliser un serveur privé au lieu d’un compte e-mail gouvernemental et sécurisé pour communiquer de 2009 à 2013, lorsqu’elle dirigeait la diplomatie américaine, au risque de disséminer des informations confidentielles sur des réseaux privés.